La relance du logement neuf était attendue de pied ferme par la promotion immobilière. Après une année 2025 "catastrophique", les espoirs étaient tournés vers le 1er trimestre 2026 mais la guerre au Moyen-Orient qui a éclaté en février a balayé cette perspective.
Les réservations de logements neufs, réalisées par des particuliers, ont reculé de 14 % au 1er trimestre, annonce la Fédération des promoteurs immobiliers. Les ventes aux bailleurs sociaux, qui permettent habituellement aux promoteurs d’équilibrer leurs opérations, sont quant à elles en forte chute et s’effondrent de 35 %.
Les acheteurs anxieux
"Le contexte macroéconomique et géopolitique a un impact conséquent sur le logement collectif neuf", commente Didier Beller-Ganière, délégué général de la fédération. "Avec le gouvernement Lecornu, le logement a retrouvé sa place dans l’agenda politique mais le contexte international accroît les tensions sur le coût de l’énergie, des matériaux et sur l’inflation", poursuit-il. Résultat : les acheteurs potentiels sont dans "un climat d’anxiété généralisée". Ce qui "ne donne pas envie d’acheter un logement".
Peu de logements mis en vente
Dans ce contexte, les promoteurs immobiliers mettent en vente peu de logements. Au 1er trimestre, les entrées sur le marché de nouveaux biens ont reculé de 19 % par rapport à la même période en 2025. 11 650 logements ont été mis en vente début 2026 alors que ce chiffre dépassait la barre des 20 000 logements de 2020 à 2022.
Malgré ce faible nombre de logements mis en vente, les délais dans lesquels ces derniers sont écoulés restent élevés et révèlent un décalage entre l’offre et la demande. Il faut en moyenne 20 mois à un promoteur pour vendre un logement mais ce délai est bien supérieur dans certains territoires comme dans l’intercommunalité d’Orléans (44 mois) ou encore de Grenoble (50 mois) et de Lille (30 mois).
D’autres territoires s’en sortent beaucoup mieux comme Dijon (12 mois) et les intercommunalités du sud de la France (Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille et Nice), où les délais moyens pour vendre un logement sont de 14 mois.
Face à ces délais, les promoteurs n’hésitent pas à retirer des logements du marché. 24 % des logements ont été retirés de la commercialisation au 1er trimestre, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis fin 2024.
Un espoir sur les investisseurs
La FPI entrevoit cependant un "rayon de lumière" avec une hausse des ventes aux investisseurs de 22,8 %. Mais avec 3 000 logements vendus, le volume vendu à ces acheteurs demeure faible. En comparaison avec les années précédentes, et le pic de 13 200 logements vendus en 2021, il est même à un point bas.
La fédération des promoteurs immobiliers y voit cependant le signe d’une bonne réception du statut de bailleur privé, un dispositif fiscal favorisant l’investissement locatif, adopté avec la dernière loi de finances.