"Les deux dernières années ont été des années noires pour les finances publiques", a déclaré Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, ce jeudi matin sur BFMTV. "En 40 ans d’action publique, je n’ai jamais vu une année comme 2024 : nous sommes passés de 4,4 % de dépenses publiques visées en 2024, à 6,1 % de dépenses réalisées. Les prévisions ont été trop optimistes", a constaté le président de la Cour des comptes élu en 2020.
La dette, poids majeur sur le budget de la France
Le représentant de la Cour des Comptes a insisté sur "le problème majeur" que représente la dette française : "Dans trois ans, la charge de la dette sera le premier poste budgétaire de l’État". La Cour des Comptes a ainsi fixé une diminution du déficit budgétaire de 0,5 % par an, pendant 5 ans, afin de ramener ce déficit budgétaire à 3 %. Pierre Moscovici a appelé à mettre tous les ministères "à contribution avec intelligence, en s’interrogeant sur l’efficacité de la dépense" et à faire preuve de "prudence" quant à la gestion du budget. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances de Jean-Marc Ayrault a aussi recommandé la validation du budget "par une instance indépendante".
Réduire les aides à l’apprentissage
Afin de diminuer la dépense publique, Pierre Moscovici a notamment défendu une proposition de la Cour des comptes visant à arrêter les aides à l’apprentissage au-delà du niveau baccalauréat. La réforme de l'apprentissage a été égratignée par rapport de la Cour des comptes en 2022. Dans la lignée de ce rapport, Pierre Moscovici juge cette politique "très généreuse", dont "n’ont pas besoin les étudiants en grande école". Il chiffre les économies réalisées par cette proposition à 2 à 4 milliards d’euros.
Trois étapes de la mission flash sur le financement des retraites
Lancée le 17 janvier à la demande du Premier ministre, la Cour des comptes planche sur une mission flash concernant le financement des retraites. Ses travaux devront être rendus le 19 février. Pierre Moscovici a rappelé les trois points principaux de cette mission : dresser un état des lieux actuel du financement des retraites (comprenant tous les systèmes), une projection à 20 ans, afin de définir les besoins de financement en 2045, et l’examen de leviers (âge, niveau des prestations, durée de cotisations) pouvant être actionné par l’exécutif. Le Président de la Cour des Comptes a commencé à rencontrer en parallèle, les représentants syndicaux.