Bercy poursuit son offensive contre les plateformes d’e-commerce et marketplace. Le ministère de l’Économie annonce la création de VigE-Commerce, une cellule pour surveiller les sites d’e-commerce tels que Shein, Aliexpress, Temu ou encore Wish. Cette annonce prend la suite d'une série de mesures comme la mise en place d'une taxe sur les petits colis ou encore la demande de suspension de Shein après la vente d'armes et de poupées pédopornographiques.
Une nouvelle organisation pour enquêter et sanctionner
Cette cellule rassemble des référents e-commerce dans chaque administration concernée par le sujet. Cela va de la direction générale de la santé, à celle de l’aviation civile, en passant par l’Office français de la biodiversité ou encore la direction générale de l’alimentation. Au total, une trentaine de personnes seront mobilisées autour de la DGCCRF, en charge de l’animation de la cellule de surveillance.
Le groupe a pour mission principale de constituer un réseau de surveillance interministériel qui a le pouvoir d’enquêter, de sanctionner et de s’organiser pour être prêt en cas de crise. Bercy espère que cette nouvelle organisation aura "pour effet de pousser ces plateformes à se mettre en conformité". Dans le cas contraire, l’administration appliquera le droit "avec célérité". Ce qui peut aller jusqu’à la suspension du site.
100 000 produits dangereux retirés du marché
Les contrôles effectués par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, consommation et répression des fraudes) en 2025 sur 650 produits auprès de 7 marketplaces étrangères révèlent des résultats alarmants. 75 % des produits ont été déclarés non conformes en raison d’un défaut d’étiquetage, de l’absence de marquage CE ou de notice en français. 46 % des produits ont même été identifiés comme étant dangereux.
Ils représentaient des risques d'étouffement ou d'étranglement pour les produits destinés aux enfants, des risques de chocs électriques et d'incendie pour les appareils électriques et d'électroménager ou encore des risques pour la santé en raison de substances chimiques présentes en quantité excessives.
Au total, 100 000 produits dangereux ont été retirés du marché. Une enquête qui "reflète le niveau de manque de respect des normes et de la protection des consommateurs de ces plateformes", selon Bercy.
La non-conformité, un "business model" pour les plateformes
Malgré ces résultats, les achats sur les plateformes d’e-commerce sont devenus un mode de consommation répandu. En 2025, 85 % des Français ont consulté chaque mois au moins une des grandes plateformes d’e-commerce. "Compte tenu de leur poids économique et du risque de certaines plateformes, nous devons adopter une vigilance particulière", prévient la DGCCRF.
Pour ces plateformes, la vente de produits qui ne répondent pas aux normes de sécurité est même devenu un "business model". D’après les cabinets de Bercy, "faire respecter des normes à un coût pour les entreprises et quand on arrive à 75 % de produits non conformes force est de constater que ces entreprises ont choisi de ne pas mettre en place ces contrôles".