Créée en 2024 dans le Morbihan, la start-up Laboccaz entend structurer un marché encore largement inexploité : celui de la vente d'équipements de laboratoire d'occasion. Fondée par Mélissa Gallais, ancienne commerciale du distributeur de matériel de laboratoire Humeau, l’entreprise propose une alternative à l’achat systématique de matériel neuf.
"Je côtoyais des responsables de laboratoire qui cherchaient à revendre leur matériel, tandis que d’autres, à quelques kilomètres, n’avaient pas le budget pour s’équiper en neuf. Entre les deux, il n’y avait personne", explique la dirigeante. De ce constat est née Laboccaz, avec une ambition claire : recréer du lien entre acheteurs et vendeurs et "valoriser l’existant plutôt que d’épuiser les ressources".
Lancement d'une marketplace
Le cœur de l’activité repose sur une marketplace dédiée à l’achat et à la vente d’équipements scientifiques d’occasion. Contrairement aux réparateurs, brokers ou distributeurs, Laboccaz ne stocke pas les produits et agit comme un tiers de confiance. "Nous faisons directement le lien entre l’acheteur et le vendeur, tout en garantissant un cadre fiable", précise Mélissa Gallais.
Jusqu'alors, aucune plateforme purement dédiée à l’occasion n’était structurée à cette échelle. "Notre idée est de proposer une offre complémentaire au neuf. Aujourd’hui cette demande d'équipements d'occasion est bien réelle et elle n’était pas adressée", souligne la fondatrice. Le marché français compte plus de 18 000 laboratoires pour un volume d'achats d'équipements estimé à 2 milliards d’euros par an, couvrant industries pharmaceutiques, agroalimentaires, cosmétiques, pétrochimiques, recherche publique et enseignement supérieur.
Un départ prometteur
Installée au Village By CA Morbihan, qui accompagne son développement, Laboccaz connaît une montée en puissance rapide. Lancée fin 2025, la marketplace recense déjà près de 1 800 produits, 197 vendeurs et 66 transactions réalisées, avec plus d’une centaine de clients partenaires. L’équipe comprend six personnes dont deux alternants. "Nous sommes débordés, le marché est ultra-prêt. Nous n’arrivons pas à répondre à toutes les demandes", assure Mélissa Gallais.
Le modèle économique repose sur une commission uniquement en cas de vente. Laboccaz développe également une activité de sourcing pour répondre aux besoins spécifiques : "Nous recherchons les équipements directement auprès des fabricants, distributeurs ou laboratoires afin de faire correspondre l’offre et la demande." L’automatisation et l’intelligence artificielle sont mises en œuvre pour accélérer l’intégration des produits et améliorer l’expérience utilisateur, avec un objectif de 2 millions d’euros de volume de marchandises échangées d’ici fin 2026.
Une levée de fonds en préparation
Pour accompagner cette croissance, une première levée de fonds est prévue par Mélissa Gallais, actionnaire principal. La dirigeante vise 600 000 euros dont 250 000 en financement dilutif. "Nous devons recruter rapidement pour structurer l’activité et accompagner la croissance", conclut Mélissa Gallais.