Des mugs, des t-shirts, des casquettes, des espadrilles, mais aussi des affiches, des vases, porte-clés et même des emballages de tablettes de chocolat ou des sous-vêtements. Le terrain de jeux de Monsieur Tshirt est vaste. Sur le marché de la personnalisation du cadeau, il s'est fait un nom et une place. Dans son usine de Lormont, près de Bordeaux, les salariés (d'une vingtaine à une centaine selon la saisonnalité) et les machines brodent, gravent, cousent, découpent, avant d'expédier jusqu'à 6000 colis par jour. En cette fin mai, c'est le rush des fêtes des mères et des pères, "la plus grosse période de l'année, explique Vincent Péré, l'un des trois cofondateurs. Elle a détrôné Noël et devance la Saint-Valentin."
De 15 à 50 % du chiffre d’affaires
Gérer la saisonnalité est un challenge pour maintenir l’activité et conserver les emplois, tout comme est aussi un défi — "le plus grand" — l’acquisition de trafic en ligne. La montée en puissance à l’international pourrait être une réponse aux deux. Les dates de fêtes des mères et pères diffèrent selon les pays et les commandes bondissent hors frontières. C’est l’axe que souhaitait déjà développer Monsieur Tshirt en bouclant un LBO en 2023. "On a deux ans de décalage mais ça y est, c’est parti", se réjouit Vincent Péré.
"De 15 % du chiffre d'affaires aujourd'hui, l'international pèsera au moins 50 % d'ici 2027, ce sera notre moteur principal, assure le dirigeant. Le marché français se porte bien mais l'international explose avec la même recette : des articles pour la famille, des visuels qui mentionnent les enfants ou les conjoints." Outre la traduction du site, Monsieur Tshirt a peaufiné celle des prénoms pour refléter chaque culture, soignant sa clientèle à plus de 95 % en BtoC.
Couplé à la récente acquisition de Cadeaux.com, sa première croissance externe début mai, l’international doit permettre à Monsieur Tshirt de doubler son chiffre d’affaires (13 M€ en 2025) d’ici 2027.
Les États-Unis sur pause
Créée en 2013, l'ex-market place de t-shirts a pris le virage de la personnalisation de cadeaux en 2018. Monsieur Tshirt a aujourd'hui trouvé sa clientèle en Espagne, Italie, Suisse et Belgique, ses principaux débouchés hors frontières. Aux États-Unis, où il s'était lancé début 2023, "on a mis en pause". "Les atermoiements douaniers et la chaîne logistique complexifiée ont allongé les délais de livraison, explique Vincent Péré. D'une semaine on est passé à 10 voire 15 jours, loin des standards américains. Nous travaillons à rouvrir le marché dès que possible mais avec un acteur de production local. C'est un marché qui a les moyens financiers d'intégrer un coût supplémentaire mais il faut livrer vite et bien." Si l'expérience est concluante, elle sera reproduite pour d'autres futurs marchés lointains, "d'abord le Brésil, puis l'Asie".
Fermeture des boutiques
Monsieur Tshirt affine aussi ses canaux de distribution. Finies les boutiques, ouvertes entre 2017 et 2019 à Bordeaux, Toulouse et Montpellier. Elles ont fermé en novembre 2025, les ventes des fonds de commerce s'achèvent. "Elles nous ont apporté de la notoriété, on notait un meilleur taux de pénétration dans ces villes, mais on y perdait de notre identité et notre avantage concurrentiel qui reste la personnalisation au maximum", justifie Vincent Péré. L'enseigne conserve néanmoins quelques distributeurs, "ceux qui nous commandent des collections personnalisées".
L'entreprise s'apprête par ailleurs à adresser de nouveaux secteurs : l'univers scolaire cet été 2026, et surtout celui des animaux de compagnie à partir de la rentrée.
Le capital de Monsieur Tshirt reste détenu très majoritairement par ses trois cofondateurs, Simon Cagna, Vincent et Arnaud Péré. S’ajoutent quelques salariés du Comex et trois fonds : Galia Gestion (depuis 2018), GSO Capital et Irdi Capital Investissement (depuis 2023).