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Hekat Fluidics démarre la commercialisation de sa machine pour améliorer le dépistage du cancer
Gironde # Deeptech # Innovation

Hekat Fluidics démarre la commercialisation de sa machine pour améliorer le dépistage du cancer

La deeptech girondine Hekat Fluidics lance la commercialisation de sa première machine, trois ans après sa création. Elle veut être une pionnière mondiale du tri des exosomes, des micro-vésicules présentes dans le sang des patients atteints de cancer, pour en améliorer le diagnostic. Forte d’une récente levée de fonds, elle porte de grandes ambitions sur de nombreux marchés, connexes ou non.

La start-up deeptech girondine Hekat Fluidics lance la commercialisation de sa première machine — Photo : Hekat Fluidics

La deeptech girondine Hekat Fluidics (10 salariés), qui développe des instruments médicaux capables de détecter et trier des objets biologiques de taille nanométrique, s’apprête à franchir un cap important. Elle lance la commercialisation d’une première machine, trois ans après sa création. Baptisé le NanoSorter, ce prototype préindustriel est dédié à des laboratoires de recherche dans les nano-objets biologiques.

Améliorer le diagnostic des cancers

La deeptech veut être une pionnière mondiale du tri des exosomes, des vésicules libérées par les cellules du sang des patients atteints de certains cancers. En permettant d’extraire ces vésicules provenant d’une tumeur, elle espère un diagnostic précoce et un traitement mieux adapté pour chaque patient. "À terme, à partir d’une simple et unique prise sang, toute une tranche d’âge de la population générale pourrait ainsi se voir proposer un test capable de dépister plusieurs types de cancer", précise la société dans un communiqué.

La première machine commercialisée d’Hekat Fluidics est un prototype pré-industriel dédié aux laboratoires de recherche — Photo : Hekat Fluidics

"Jusqu’à présent cette mine d’information n’est pas exploitée en clinique : faute d’un instrument adapté, on ne sait toujours pas identifier et extraire les exosomes. Ces derniers, 1 000 fois plus petits que la cellule dont ils proviennent, sont en effet difficiles à voir et à manipuler", assure Sophie Bourzeix, fondatrice et dirigeante de la jeune entreprise. Cette diplômée de l’école Polytechnique et docteur en physique quantique a déjà une solide expérience en industrialisation, étant une ancienne cadre de Photonetics, société spécialisée dans les technologies de test pour les réseaux optiques rachetée en 2000 par le danois GN Great Nordic pour 1 milliard de dollars.

Multiples applications

Les applications dans le traitement des cancers ne sont pas les seuls débouchés potentiels d’Hekat Fluidics, qui va aussi proposer sa machine aux chercheurs travaillant sur les virus, comme le Sars CoV2 (Covid). La résistance aux antibiotiques, la propagation des maladies cardiovasculaires ou neurodégénératives ou encore le contrôle qualité dans la bioproduction sont aussi listés comme des débouchés potentiels. Enfin, à plus long terme, la start-up assure que sa machine pourra s’ouvrir au tri de nanoparticules "dans de multiples domaines industriels".

Hekat Fluidics, qui regroupe aujourd’hui une dizaine de personnes, espère atteindre 50 salariés d’ici à 2035 — Photo : Hekat Fluidics

Trois marchés ciblés

La société a bouclé une levée de fonds de 2,4 millions d’euros au premier trimestre de cette année, exclusivement auprès de businessAngels : Hervé Ariditty (Ixcore), Nicolas Kompalitch (Kalinka Invest), Stéphane Guinet (dirigeant de l'incubateur Kamet), Stéphane Ifker (Batigram Invest) et les bordelais Eric et Myriam Mestre. Elle anticipe un fort développement de son chiffre d’affaires pour atteindre 125 millions d’euros en 2035. Elle vise, d’ici à 2030, "trois grands marchés de tailles croissantes", en faisant évoluer sa machine à chaque étape.

Le premier marché est celui qu’elle attaque aujourd’hui : l’instrumentation pour la recherche. Une dizaine de ventes est espérée d’ici à fin 2027 "auprès d’instituts de recherche en France et en Europe. Les marchés américains et japonais de la recherche seront abordés dans un deuxième temps, à partir de 2028", précise encore Hekat.

"L’ambition est de finaliser l’instrument pour le marquage CE dispositif médical et l’agrément FDA (Food & Drug Administration) d’ici à 2030."

Déjà protégée par 7 brevets, l’innovation d’Hekat veut s’industrialiser et s’automatiser grâce à la levée de fonds récente pour pouvoir être capable, à partir de 2028, d’attaquer le second marché visé : le secteur biopharmaceutique, pour évaluer l’efficacité d’un traitement. Plusieurs laboratoires de ce type ont déjà manifesté leur intérêt pour des premiers essais dès 2027 avec le prototype actuel.

Enfin, après une nouvelle ouverture de capital "de plus grande ampleur" fin 2027 censée lui permettre d’industrialiser l’élément central de son appareil, à savoir sa puce microfluidique, Hekat Fluidics vise les marchés du diagnostic à partir de 2030. " L’ambition est de finaliser l’instrument pour le marquage CE dispositif médical et l’agrément FDA (Food and Drug Administration) d’ici à 2030", précise Sophie Bourzeix. Le marché des exosomes est exponentiel : il est évalué à plus de 2,5 milliards d’euros par an dont la moitié pour l’instrumentation.

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