Transformer le CO2 en carburant de synthèse : après trois années de R & D, la deeptech Æternova vient de faire un pas de plus dans cette direction, que l’un des deux fondateurs, Mickaël Arnold a imaginé dès les années 2010, puis breveté. La start-up implantée au sein de la pépinière d’entreprises innovantes de Pertuis, dans le Vaucluse, a signé un partenariat de recherche avec le Laboratoire de physico-chimie des Polymères et des Interfaces (LPPI) de CY Cergy Paris Université. Cet accord doit lui permettre d'accélérer dans l’industrialisation de ses procédés électrochimiques bas-carbone.
" Ce partenariat de recherche vise notamment à améliorer les performances de la technologie mise au point pour valoriser le CO2 en molécules d’intérêt pour l’industrie ", explique Alizée Arnold, cofondatrice. Avec deux bancs d’essai désormais complets et installés, " nous sommes en ordre de marche pour passer à l’étape suivante ", complète Mickaël Arnold, son père et associé.
Concrètement, la technologie développée par Æternova repose sur la co-électrolyse de l’eau et du CO2 à l’aide d’électricité décarbonée. Le gaz de synthèse obtenu (e-syngas) peut être utilisé directement dans l’industrie ou transformé en e-méthane, e-carburant ou e-méthanol. L’approche revendique des performances globales supérieures aux procédés existants.
Une aventure familiale
Æternova est née en juin 2023 de l’union des compétences de ce père et de cette fille. Mickaël Arnold est docteur spécialisé en chimie des procédés et ingénieur en chimie industrielle. Alizée Arnold est ingénieure agronome. Ensemble, ils ont gravi une à une les marches de la création d’entreprise : un prêt d’honneur via le dispositif Aix-Marseille-Provence Amorçage, une formation à l’IRCE (Institut régional des chefs d’entreprise), puis l’intégration à l’incubateur Impulse et à plusieurs clusters et pôles de compétitivité. Ils ont également décroché le soutien du Crédit Agricole, de la Société Générale et d’Airbus Développement. " Nous nous sommes énormément entourés ", confient-ils.
Cap sur la levée de fonds
Après trois ans de R & D, cette étape de développement et d’accélération passe désormais par une levée de fonds, dont le montant n’est pas communiqué. L’objectif : poursuivre les travaux de recherche, puis consacrer deux années à la phase de préindustrialisation, avant une mise sur le marché visée en 2031.
À terme, Æternova ambitionne de participer au développement d’une économie circulaire du carbone, pour faire émerger de nouvelles solutions de décarbonation dans les secteurs difficiles à électrifier. "Nous voulons aller chercher le CO2 pour en faire des carburants pour l’aviation, secteur où la réglementation impose déjà l’utilisation de carburants durables, mais aussi pour tous les autres secteurs, comme le transport maritime. Nous pensons que le e-méthanol et le kérosène de synthèse sont des solutions adaptées pour décarboner le transport", détaille Alizée Arnold.
Reconnue par une bourse French Tech en 2024 (90 000 euros) dans la catégorie Deeptech, lauréate du programme "Deeptech Transform" du Pôle Universitaire d’Innovation Provence, Æternova entend bien confirmer, avec ce nouveau partenariat académique, sa place parmi les acteurs prometteurs de la décarbonation industrielle en France.