Alpes-Maritimes
"Sur la Côte d’Azur, Flyde ouvre la première base de livraison en mer par drone aérien"
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Pierre Deyris fondateur de Flyde "Sur la Côte d’Azur, Flyde ouvre la première base de livraison en mer par drone aérien"

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À partir du 1er août 2026, Flyde effectuera des livraisons quotidiennes par drones, à partir du Port Gallice, à Antibes, vers les bateaux de plaisance mouillant à proximité. Des liaisons commerciales qui, après des années de tests, devraient être rapidement étendues à d’autres ports de la Côte d’Azur puis à l’international. La start-up azuréenne étudie déjà d’autres secteurs que le maritime. Les explications de son fondateur, Pierre Deyris.

Pierre Deyris est le fondateur de Flyde, entreprise basée à Roquebrune-Cap-Martin, près de Monaco — Photo : Olivia Oreggia

Que propose Flyde ?

Nous lançons un service de ravitaillement par drones de bateaux de plaisance mouillant dans un rayon de dix kilomètres. Cela prend dix minutes pour livrer un colis de 10 kg maximum.

Notre approche est d’ouvrir un réseau de couloirs aériens pour ce faire. Le premier couloir, la première base européenne est à Port Gallice, à Antibes. Suivront des zones iconiques à Cannes, Monaco, Saint-Tropez-Ramatuelle, avant de partir sur la Sardaigne, Capri, la Corse, les Baléares, les îles grecques.

Activité inédite en France, l’entreprise azuréenne Flyde livre des bateaux par drone — Photo : Flyde

Cela n’existait-il pas jusqu’à présent ?

Il y a eu un gros fantasme autour des drones. Tout le monde en parle, Google, Amazon… En 2019, l’Union Européenne, a uniformisé le cadre réglementaire lié à leur exploitation. Plusieurs acteurs commencent à émerger comme Delivrone en France, qui s’est focalisé sur le médical en connectant les hôpitaux. À notre connaissance, sur le maritime, nous n’avons pas de concurrents.

Vous avez créé Flyde en 2022 et comptez aujourd’hui 6 collaborateurs. Quel a été le parcours jusqu’à son lancement commercial cet été 2026 ?

Le plus compliqué a été d’obtenir les autorisations. Nous avons passé plus de trois ans à comprendre justement le marché, les besoins, à définir un cahier des charges, à tester des livraisons. Au tout début, les premiers drones que nous utilisions emmenaient deux kilos. Ils n’avaient pas de treuil et se posaient donc sur les bateaux. Pour des raisons de sécurité, ce n’était pas la bonne solution. De fil en aiguille, nous avons défini tout notre concept d’opération, trouvé le bon constructeur de drones qui est Cavok, une société française, et nous sommes passés aux vols de démonstration. Nous nous sommes présentés à la préfecture maritime, et il nous a fallu obtenir l’autorisation de la DSAC, la Direction de la sécurité de l’aviation civile.

Plus rapide, plus écologique car électrique, moins cher… Flyde veut démocratiser la livraison par drone — Photo : Flyde

Comment vous êtes-vous financés ?

Nous avons levé 300 000 euros auprès de business angels qui nous ont permis de financer tous les tests, les expérimentations.

Combien coûte une livraison ?

Entre 40 et 100 euros. C’est relativement peu cher comparé aux navettes sous-traitées ou au fait que des membres d’équipage doivent être mobilisés et faire des allers-retours avec une annexe. On peut aussi imaginer le cas d’un bateau, pas forcément un yacht, qui aurait besoin d’une pièce pour une réparation… Être livré par drone sera bien moins cher que de devoir être remorqué.

"D’ici l’année prochaine, nous visons les 20 zones, à la fois pour le yachting mais aussi pour les navires marchands."

Quels sont vos objectifs pour cette première saison d’exploitation ?

Nous voudrions avoir deux zones à temps plein déployées en plus d’autres ponctuelles. Avoir deux bases nous permettrait de connecter les deux ports entre eux. En pleine saison estivale, par exemple, quand les axes routiers sont hyper congestionnés, qu’il faut relier Antibes à Cannes-Mandelieu, ce peut être beaucoup plus simple d’apporter un produit par drone.

Flyde vise les 20 bases aériennes d’ici fin 2027, au-delà du seul yachting — Photo : Flyde

D’ici l’année prochaine, nous visons les 20 zones. C’est une niche puisqu’il n’y a pas plus de dix zones de yachting en Méditerranée, mais nous adresserons ensuite les ports marchands. C’est le même concept d’opération. Avoir une base à Fos, Marseille, Toulon ou au Havre, ce serait très intéressant pour tous les bateaux qui doivent patienter le temps d’envoyer et recevoir les documents administratifs. Les équipages restent parfois 24 heures dans la rade avant de pouvoir entrer au port. Pourquoi ne pas leur livrer de la nourriture, des produits de para pharmacie ? On y travaille.

Quels sont vos objectifs en termes de chiffre d’affaires ?

Nous visons 80 000 euros à la fin 2026 et d’aller chercher le demi-million d’euros en 2027.

Visez-vous d’autres marchés ?

L’idée est déjà de verrouiller le maritime, d’être bons sur nos appuis. Mais on peut imaginer d’autres applications à la montagne, on a des villages ici sur les hauteurs pour lesquels ce pourrait être intéressant.

Nous sommes en discussion avec un laboratoire d’analyse sanguine local. Cela lui éviterait d’avoir à faire le trajet, via un véhicule, dans ces zones-là. Ce serait plus rapide, plus écologique et moins cher. Il y aura toutefois d’autres contraintes qui font que cela prendra peut-être six mois avant de mener une expérimentation puis de le déployer.

Le télépilotage de drone pour une livraison par treuillage d’un colis, requiert des compétences particulières — Photo : Flyde

Il vous faudra aussi trouver plus de télépilotes… est-ce facile d’identifier les bons profils ?

Non, car c’est un nouveau métier. Il existe beaucoup de télépilotes mais la plupart sont habitués à piloter pour de la prise de vue, ce n’est pas du tout la même chose. Sur les deux télépilotes qui ont mené les expérimentations à Port Gallice, l’un est un ancien policier, l’autre un ancien secouriste. Cela fait dix ans qu’ils pilotent dans des gestions de stress, d’urgence. En matière de sécurité, notre niveau d’exigence de sang-froid, de gestion des risques, est élevé.

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