Stan se présente comme un acteur de "l’ancrage territorial", de quoi s’agit-il exactement ?
Jean de Mendiguren : La mission de Stan (groupe Enterritoires, CA consolidé: 12 M€, NDLR) est de permettre à nos clients qui sont des entreprises privées — grands comptes nationaux, entreprises installées en région, ETI — de mieux connaître le territoire dans lequel ils veulent s’implanter, se développer ou créer un projet. Il s’agit donc d’analyser leurs enjeux, de décoder l’écosystème, leur expliquer son fonctionnement, son histoire et de pouvoir surtout les persuader de co-construire avec les parties prenantes locales, élus des municipalités ou intercommunalités, chambres consulaires, unions professionnelles ou patronales. L’objectif est de concilier l’intérêt privé du client avec l’intérêt général du territoire. Tout projet doit pouvoir bénéficier au territoire.
Nicolas Barthe : Et l’équipe de Stan Côte d’Azur ne fera jamais quelque chose qu’elle pense être contraire à l’intérêt du territoire. La confiance passe par cette éthique et ce libre arbitre. Il ne faut pas oublier que le client s’en va et qu’elle reste.
Cela fait cinq ans que Stan Côte d’Azur existe. Quels projets avez-vous menés localement ?
J. M. : Nous avons 25 clients récurrents parmi lesquels TotalEnergies, Airbnb, Lime, Erilia, Vinci Immobilier… Et nous avons connu des succès tangibles.
Notre équipe de 5 collaborateurs accompagne par exemple Covivio, une foncière française patrimoniale qui souhaitait développer un projet de réaménagement du quartier, sur l’ancien site EDF dans le quartier de Cimiez, à Nice. Le but était de pouvoir définir, avec la collectivité, les riverains, les parties prenantes du territoire, quel pourrait être le meilleur projet à réaliser mixant du logement pour actifs, du résidentiel, une résidence seniors, une crèche, des logements inclusifs…
Tout notre savoir-faire a été de pouvoir travailler avec eux dès le premier jour pour affiner le projet, le rendre le plus attractif et adapté au quartier et aux besoins de la ville de Nice. On les a ensuite accompagnés dans les réunions publiques, préparé avec eux les documents et argumentaires de présentation, assuré un plan de rencontres avec les parties prenantes privées et certains élus… jusqu'à l'obtention du plan de construire, qui, chose rare sur le territoire, n'a fait l'objet d'aucun recours.
Quel rôle comptez-vous jouer sur les élections présidentielles et législatives à venir ?
J.M : Il est bien clair que nous n’avons aucun engagement partisan, aucun engagement politique. Néanmoins, on peut jouer un rôle auprès de certains élus, de certains candidats, pour faire valoir auprès d’eux la vision socio-économique des entreprises.
Nous pouvons faire de la pédagogie auprès d’une collectivité, pour mettre en avant l’intérêt à ce qu’il y ait du développement, car par définition cela représente de l’emploi, des recettes fiscales qui peuvent être distribuées. Il faut simplement trouver le bon curseur avec les élus pour que tout soit équilibré. Nous avons aussi, souvent, une mission d’explication, de positionnement, de mise en perspective d’un certain nombre de filières, de projets, pour démontrer aux responsables politiques qu’on peut très bien concilier développement durable, préoccupation sociale et sociétale avec du développement économique et avec une valeur ajoutée au territoire. Pour les sensibiliser, comme on l’a fait pour les élections municipales et comme nous allons le faire aux prochaines législatives.
N. B. : Nous jouons un rôle d’analyse et d’observation, mais nous sommes apolitiques. Néanmoins, nous avons une vraie conviction économique. On consulte donc de tous bords mais, et c’est là que se trouve notre liberté depuis 13 ans, nous ne touchons pas un euro d’argent public. Nous y tenons. Notre clientèle, ce sont les entreprises. Et si nous avons développé tant de projets sur la Côte d’Azur c’est parce qu’ici, c’est facile. Dès qu’il y a une bonne idée, des chefs d’entreprise s’engagent. On l’a vu pour le logement, pour la mobilité, pour l’attractivité. Il y a ici une maturité des chefs d’entreprise qui est extraordinaire et que je ne vois pas ailleurs. Les politiques devraient s’en rendre compte. Je pense que se servir davantage du monde économique serait un gros atout pour nos territoires.