Thales Alenia Space, Amadeus ou Naval Group, participants de la première édition en avril dernier, ont laissé place pour ce deuxième "Meet and Match" organisé par le CNRS Côte d’Azur à Horus Pharma, Givaudan et autre Bayer. Un événement qui a eu lieu à l'Institut de la Mer de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes)
15 entreprises font leur marché
De la start-up aux groupes internationaux, une quinzaine d’entreprises est venue rencontrer des chercheurs experts en culture 3D, morphologie cellulaire, génomique, microfluidique, chimie durable ou métabolomique… Des rendez-vous sous format speed dating de quinze minutes chacun.
"L’idée de départ était : "Entreprises, venez faire votre marché !", résume Guillaume Laffite, ingénieur transfert Partenariat et Valorisation, coordinateur de l’événement. Et comme les entreprises n’ont pas de temps, ce format s’y prête particulièrement."
Co-construire dans des "Labcoms"
Pour l’institution publique de recherche, l’objectif était de faire découvrir ses laboratoires locaux (elle en compte 25 sur le territoire) pour espérer ensuite faire émerger le meilleur des deux mondes dans le cadre de laboratoires communs. Des "Labcoms", dans le jargon de la maison.
"L’un et l’autre ont beaucoup à s’apporter, reprend Guillaume Laffite. C’est un petit peu comme un mariage. C’est une feuille de route commune sur quatre ans, animée par l’envie d’avancer sur une thématique commune, avec des projets et une gouvernance partagés entre l’entreprise et le laboratoire, dans un cadre flexible mais qui établit clairement la propriété intellectuelle, la confidentialité… Les ingénieurs transfert, dont je suis, sont les interlocuteurs uniques de l’entreprise."
"Se nourrir des technologies de demain"
Parmi les participants, le groupe suisse Givaudan (17 580 collaborateurs, CA 2025 : 7,5 milliards de francs suisses, soit plus de 8,2 Md€), géant des parfums et cosmétiques, qui construit actuellement son centre d’excellence à Grasse. Son directeur des partenariats business, Fabien Durand est venu en quête d’éventuelle inspiration. "Il est important d’aller au niveau de la recherche pour anticiper certains bons développements et les dérisquer peut-être aussi, mais surtout pour se nourrir de ce que sont les nouvelles techniques et technologies de demain, et ce, avec des regards différents des nôtres qui amènent une complémentarité."
Gagner en innovation pour maintenir sa compétitivité
Spécialiste de la santé naturelle implanté à Carros près de Nice, Arkopharma (900 collaborateurs, 200 M€ de CA) a déjà fait appel à un laboratoire du CNRS pour de la prestation de service mais pense pouvoir aller plus loin en matière de partenariats. "On recherche comment se démarquer en matière d’innovation, analyse Philippe Robinet, directeur d’activité innovation de l’entreprise. Et il y a plusieurs façons de se démarquer, ce peut être par le support scientifique du produit, par les méthodes, les procédés d’obtention… On vient donc chercher des partenaires qui nous aident à travailler nos produits, avec leur spécialité."
"Et des discussions peuvent créer des idées, assure Rémi Imbert, directeur développement analytique de l’entreprise. C’est aussi souvent une histoire de relation, de rencontre : si on voit que ça marche bien, on sait que le partenariat pourra se faire plus facilement. Ça c’est très important. Ce n’est pas sur un fascicule ou un site internet qu’on peut voir ça."
Le CNRS Côte d’Azur devrait organiser un troisième "Meet and Match" d’ici la fin de l’année 2026.