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Néocarb, Mistral, H4… : l’agence d’architectes MAP dessine les sites industriels de demain
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Néocarb, Mistral, H4… : l’agence d’architectes MAP dessine les sites industriels de demain

Des usines esthétiques ? L’agence d’architectes MAP, basée à Marseille, veut imposer une nouvelle conception des sites industriels "verts". À commencer par trois d’entre eux, axés décarbonation, sur le port de Fos‑sur‑Mer.

MAP a notamment créé la "façade thermomètre" de la future usine de laminage de l’acier de Marcegaglia, à Fos-sur-Mer — Photo : Map

"À quoi sert un architecte dans un projet d’usine ?" La question de Renaud Tarrazi pour entrer dans le vif du sujet a de quoi surprendre. Sa réponse encore plus. Car la plupart du temps, son rôle se limite à "mettre un tampon" sur une demande de permis de construire, résume l’architecte associé de MAP (CA 2025 : 5,25 M€ ; 43 collaborateurs et 4 associés). L'agence marseillaise, qui suit environ 150 dossiers en permanence, oeuvre essentiellement dans le logement (35 à 40% des projets actuels) et le tertiaire (30% à 40%) : bureaux, hôtellerie ou encore immobilier d'entreprise.

"Sur les gros projets industriels, précise-t-il, ce sont les bureaux d’études qui dessinent. L’architecte est sollicité ensuite, parce que le document ne peut pas être déposé sans lui. Il est obligatoire." Mais MAP a récemment choisi d’infléchir cette logique "pour influer un peu", "faire en sorte que notre équipe apporte autre chose", insiste-t-il.

Trois projets industriels sur le port de Fos

Une démarche qu’il illustre avec trois projets d’actualité sur le môle principal de la Zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer, sur une même bande de 250 hectares. Trois projets d’envergure (dont les permis vont être déposés ou sont en cours d’instruction) dont MAP a décroché la réalisation architecturale : Néocarb (52 hectares) pour le fabricant de carburant e-saf à base d’hydrogène Elyse ; H4 (46 hectares) pour la société franco-allemande du même nom, productrice de bio kérosène ; et surtout Mistral (144 hectares), une unité modernisée de production d’acier décarboné, pour Marcegaglia.

Envelopper les usines

Pour les deux premiers, l’agence n’intervient que sur des bâtiments administratifs, des bureaux ou des postes de surveillance. Ce qui est déjà un pas vers la différenciation, la marque d’une identité et la valorisation des sites industriels. Mais pour Mistral, l’usine de laminage de l’acier est aussi concernée, en plus du restaurant d’entreprise, des vestiaires et du parking en silo. "L’usine, ce n’est pas nous qui l’imaginons, reconnaît spontanément Renaud Tarrazi. On vient lui mettre une enveloppe, lui donner un concept."

Renaud Tarrazi, architecte associé de MAP, Marseille Architecture Partenaires — Photo : Audrey Savournin

Une industrie esthétique

Cette action est possible selon lui grâce à la loi industrie verte de 2023, qui vise à accélérer la réindustrialisation du pays et à faire de la France le leader de l’industrie verte en Europe. "On peut à nouveau imaginer de dessiner des usines", explique l’architecte. Et renouer avec une mise en lumière de ces sites, comme ce fut le cas par exemple au XIXe siècle. En témoigne le Palais Bénédictine, fastueuse distillerie de Fécamp en Seine-Maritime. MAP défend donc "une nouvelle ère architecturale pour l’industrie : exemplaire, frugale, respectueuse, démontable, sécable, réutilisable… et esthétique".

L’audacieuse "façade thermomètre" pour Marcegaglia

"Les industriels ont compris ce que l’on peut leur apporter en termes d’accompagnement et d’image, assure-t-il. Ils savent qu’on peut les aider à valoriser leur projet." Avec un surcoût marginal. C’est ainsi que le groupe italien Marcegaglia a été convaincu par une proposition de "façade thermomètre" (940 mètres de long !) très gaie, inspirée des différentes couleurs que peut prendre l’acier au fil du process de fabrication. Rouge, orange, bleu, blanc, gris… "Du packaging" sourit Renaud Tarrazi, qui défend la beauté des sites industriels. Pour H4, il a proposé "une réflexion pour apporter une attention architecturale et artistique, à l’échelle du projet", notamment avec l’éclairage et un travail paysager, en plus du dégradé de vert recouvrant le bâtiment administratif.

"L’industrie verte ouvre des horizons qui n’étaient pas visibles il y a encore quelques années", il en est persuadé. "L’architecte peut être un référent."

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