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Median Technologies se tient prêt à déployer son arme anti-cancer aux États-Unis
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Median Technologies se tient prêt à déployer son arme anti-cancer aux États-Unis

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Le compte à rebours est lancé pour Median technologies. L’entreprise basée à Sophia Antipolis compte recevoir dans les semaines à venir, l’autorisation de la FDA américaine pour déployer son logiciel de diagnostic précoce et sur simple imagerie, du cancer du poumon, le plus meurtrier au monde.

Fredrik Brag est le dirigeant de Median Technologies, entreprise qu'il a fondé en 2002 à Sophia Antipolis — Photo : philip gatward

Souvent galvaudé, le mot "révolution" n’a rien d’excessif pour décrire ce que Median Technologies (220 salariés, CA 2025: 23,5 M€) s’apprête à déployer à grande échelle aux États-Unis : son logiciel baptisé eyonis, qui peut détecter, sur "simple" imagerie médicale, un cancer du poumon à un stade précoce.

Diagnostic précoce et chance de guérison

"Nous avons démontré au travers de toutes nos études cliniques ces deux dernières années, que nous sommes les seuls au monde capables de pouvoir détecter un cancer en stade précoce", affirme Fredrik Brag, fondateur et dirigeant de l’entreprise. "On ne sait réellement qu'une chose en oncologie : il y a une corrélation directe entre le stade de la maladie et la capacité de sauver le patient. Plus le diagnostic est précoce, plus on a de chance de sauver le patient. Mais le problème du cancer est que les symptômes arrivent très, très tard dans la maladie", poursuit le dirigeant.

15 millions d’Américains pour un premier dépistage organisé

Median Technologies attend au premier trimestre, le feu vert de la FDA, la Food and drug administration, l’agence américaine des produits alimentaires et du médicament, pour déployer cette technologie aux États-Unis. "Il y a 15 millions de personnes éligibles au dépistage du cancer du poumon, remboursé par le système de soins, reprend le dirigeant suédois dans un français parfait. Le gouvernement américain a émis un code de remboursement applicable à ce que nous faisons. C’est un marché estimé à 10 milliards de dollars par an. Et ils ont déjà annoncé qu’ils veulent passer rapidement à 30 millions de personnes éligibles."

Median Technologies s'est attaqué en premier lieu au cancer du poumon, le plus meurtrier au monde — Photo : philip gatward

Le cancer le plus fréquent et le plus meurtrier

L’entreprise sophipolitaine a choisi de s’attaquer d’abord au cancer du poumon, car il est le plus fréquent, touchant de plus en plus de non-fumeurs, et le plus meurtrier au monde (1,8 million de décès, soit 18,7 % du total des décès par cancer), plus que les deux suivants, le cancer colorectal (900 000 décès) et celui du foie (760 000 décès).

"Aucun traitement contre le cancer n'aura eu autant d'impact que ce que nous faisons."

Une fois l’autorisation de la FDA en main, eyonis pourra entrer en action instantanément ou presque. "C’est une solution qui peut être soit déployée de manière extrêmement simple dans n’importe quel hôpital ou centre de radiologie, affirme Fredrik Brag. Et aux États-Unis, quasi 90 % de tout se passe dans le cloud et c’est justement un algorithme qui tourne dans le cloud. Pour notre activité iCRO, liée à des essais cliniques, nous sommes déjà connectés aujourd’hui à plus de 10 000 hôpitaux dans le monde. Nous savons parfaitement reprendre une image, l’anonymiser, la traiter, et envoyer un rapport." Median s’est déjà adjoint le soutien de partenaires de poids pour assurer un déploiement rapide.

L’IA depuis plusieurs années

La société sophipolitaine, qui compte aussi une implantation aux États-Unis, à Boston, et une autre en Chine, à Shanghai, a mis cinq ans pour développer une telle arme, en s’appuyant de bonne heure sur l’intelligence artificielle. "Nous avons une avance technologique sur beaucoup car nous sommes tombés dans l’IA dès la naissance, reprend le dirigeant. Quand j’ai démarré la société (en 2002, NDLR), le but était d’utiliser des technologies extrêmement sophistiquées dans l’IA pour mieux comprendre et analyser les images."

Dès sa création, Median Technologies s'est appuyée sur l'intelligence artificielle pour développer son logiciel eyonis de diagnostic du cancer du poumon — Photo : philip gatward

D’autres cancers visés

Median Technologies attend la certification européenne CE au deuxième trimestre 2026 et estime que le logiciel devrait être opérationnel en France "d’ici deux ans, peut-être même plus tôt". À l’instar des dépistages organisés du cancer du sein ou du cancer colorectal, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie sans avance de frais, le cancer du poumon pourrait à son tour être débusqué suffisamment tôt pour être soigné. "Les programmes de dépistage en cancer vont être le plus grand impact qu’il n’y ait jamais eu pour les patients atteints de cancer. Aucun traitement n’aura eu autant d’impact, assure Fredrik Brag dont les équipes travaillent déjà sur d’autres cancers, comme celui du foie qui fait de plus en plus de ravages, notamment aux États-Unis et en Asie.

Bientôt "tous les organes" testés

"On sait que notre technologie va fonctionner sur la quasi-totalité des cancers solides. À partir de là, quand vous faites un scanner, on prend toujours tous les organes, de la tête au pelvis. Ma prévision est donc que dans quelques années, on ira tous faire un examen par an pour regarder tous les organes et voir si tout va bien. Ce n’est qu’une question de temps."

Un temps précieux qui nécessite le soutien d’investisseurs et de décideurs politiques car le nombre de nouveaux cas de cancer pourrait croître de plus de 60 % dans le monde ces 25 prochaines années pour atteindre 30,5 millions en 2050. Le nombre de décès annuels augmenterait lui de près de 75 % pour dépasser les 18 millions.

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