Priothera, Latitude, Urbanloop : les start-up à suivre dans le Grand Est en 2026
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Priothera, Latitude, Urbanloop : les start-up à suivre dans le Grand Est en 2026

Le Grand Est regorge d’innovations prometteuses. Et sur les grands sujets de demain, tels que la santé ou encore le spatial, les start-up régionales ont déjà pris position, dans un paysage de l’innovation en pleine recomposition.

Florent Gros, CEO et cofondateur de la biotech Priothera — Photo : DR

Priothera en pointe avec son traitement en faveur des cancers hématologiques

Installée à Saint-Louis dans le Haut-Rhin, la biotech franco irlandaise Priothera développe un candidat médicament destiné au traitement des cancers hématologiques. Fondée par d’anciens salariés de Novartis, la société compte une vingtaine de collaborateurs et mène une deuxième levée de fonds, de 40 millions d’euros, pour boucler le développement clinique de son médicament au niveau international. Menés dans 115 établissements répartis dans le monde entier, ces essais doivent aboutir, fin 2026, à la publication d’une étude intermédiaire en vue d’une mise sur le marché du mocravimod en 2030. Cette année, la start-up a été distinguée par le prix i-Nov, opéré par Bpifrance dans le cadre de France 2030, d’une valeur de 1,7 million d’euros. Priothera a aussi bénéficié d’une aide de 685 000 euros de la Région Grand Est, via le Fonds européen de développement régional.

Latitude prévoit le premier décollage de son lanceur en 2026

Après avoir annoncé un investissement de 50 millions d’euros à horizon 2030 et près de 160 créations d’emplois industriels pour se déployer à échelle industrielle sur un nouveau site de 25 000 m² à Reims, Latitude se prépare pour l’étape suivante : le décollage de son premier lanceur, nommé Zéphyr. L’entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et l’exploitation de petits lanceurs spatiaux comptabilise déjà deux contrats fermes signés et 26 lancements préréservés. Plus de 8 millions d’euros sont déployés par Latitude, qui compte 170 salariés, pour aménager une infrastructure de lancement au Centre Spatial Guyanais, et ainsi permettre son premier vol, prévu au cours de l’année 2026. Travaillant en partenariat avec le CNES et l’agence spatiale européenne pour façonner ce nouveau site, la start-up envisage déjà d’y réaliser de futures missions.

Aurélie Bressollette est la PDG de Latitude — Photo : Latitude

MyEasyFarm veut déployer ses solutions agritech à échelle internationale

Développant des solutions numériques pour optimiser les exploitations agricoles, la start-up marnaise MyEasyFarm collecte, organise et analyse des données, afin d’améliorer les pratiques agricoles, pour générer des crédits carbones, ou encore pour soutenir les agro-industries dans leurs projets d’agriculture régénératrice. Employant 25 salariés, la start-up a bouclé en 2025 une levée de fonds d’un million d’euros, et prévoit d’enchaîner avec un deuxième tour de table à cinq millions d’euros. MyEasyFarm, qui a ouvert en 2025 son second bureau en Allemagne, à Munich, veut ainsi accélérer ses ambitions de développement à l’international dans les années à venir. Pour atteindre cet objectif, la start-up mise notamment sur la multiplication de partenariats à l’international, comme celui avec le brésilien Conectta Carbon.

La start-up marnaise MyEasyFarm compte 25 salariés — Photo : MyEasyFarm

Urbanloop est en passe de réussir son pari en réalisant ses premières ventes

La start-up lorraine Urbanloop (28 salariés ; CA : 2,3 M€), qui développe un système de transport basé sur des capsules circulant sur des rails interconnectés, a réalisé sa première livraison à l’international, destinée à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. Le client, Abu Dhabi Transport Company, a commandé 800 mètres de voie Urbanloop, comprenant trois stations et cinq capsules. Non encore homologuées aux Émirats arabes unis, les capsules d’Urbanloop ne seront pas déployées dans l’espace public mais sur un terrain privé. Il s’agit néanmoins du premier contrat à l’international pour la jeune pousse née au sein de l’Université de Lorraine. Déjà déployées à Saint-Quentin-en-Yvelines et exploitées comme un démonstrateur par Kéolis pendant les JO de Paris 2024, les capsules suscitent toujours des interrogations mais tracent leur voie dans un univers de l’aménagement urbain envahi par l’automobile.

Noémie Bercoff, directrice générale Urbanloop — Photo : Urbanloop

Apmonia Therapeutics va mener ses premières études cliniques contre le cancer

Après avoir levé 20 millions d’euros en 2025, la start-up rémoise Apmonia Therapeutics prend son envol. Spécialisée dans le développement d’une gamme de thérapies contre plusieurs types de cancer, l’entreprise qui compte une quinzaine de collaborateurs lance ses premières études cliniques, qui cibleront les cancers ovariens, colorectaux, du pancréas et les mélanomes. Ces études auront lieu jusqu’en 2027-2028, puis l’objectif sera de "licencier la technologie à un groupe pharmaceutique ou de conclure un accord de co-développement", d’après Albin Jeanne, président et cofondateur de la start-up. D’ici 2028, Apmonia Therapeutics ne s’interdit pas une nouvelle levée de fonds. En parallèle, la start-up mise sur le développement de son portefeuille de produits et de sa plateforme de recherche.

Albin Jeanne est le président d’Apmonia Therapeutics — Photo : Apmonia Therapeutics

La legaltech nancéienne Swapn affiche ses ambitions

Fondée en 2022 avec cinq personnes, la legaltech nancéienne Swapn vise désormais 10 % du marché de la création d’entreprises en France, soit 40 000 sociétés. Employant aujourd’hui près de 75 personnes, pour un chiffre d’affaires de près de 1,8 million d’euros sur l’exercice 2024, Swapn conjugue un service de création d’entreprises en ligne, imaginé pour faciliter les démarches administratives, à ceux d’un cabinet d’expertise-comptable, permettant d’aller chercher plus de valeur ajoutée. Concrètement, en 2024, Swapn a permis de créer 5 000 entreprises en 2024 et visait les 10 000 en 2025. Pour la montée à l’échelle, le développement d’outils technologiques doit permettre de faciliter le développement, notamment grâce à l’intelligence artificielle. "C’est un sujet sur lequel nous travaillons", indique le dirigeant de Swapn. En fixant un cap précis : "L’objectif n’est pas de changer de modèle. Nous conserverons ce modèle hybride entre la technologie et l’humain, cela reste au centre du projet et de nos valeurs".

Grégoire Charroyer a cofondé Swapn en 2022 avec Benjamin Grandmontagne — Photo : Swapn

La deeptech strasbourgeoise Superbranche avance vers des essais cliniques

En début d’année, Superbranche a bouclé une levée de fonds pour un total de 13 millions d’euros. Ce troisième tour de table permet à la deeptech strasbourgeoise, pilotée par Delphine Felder-Flesch, de poursuivre le développement de nanoparticules d’oxyde de fer, capable de cibler les cellules tumorales. Une technologie qui permet, par la suite, de les visualiser par magnétisme, par IRM, mais aussi de traiter les tumeurs par hyperthermie, une nouvelle technologie alternative à la chimiothérapie et à la radiothérapie. L’objectif est affiché : mener des essais cliniques chez le patient d’ici 2026 ou 2027, avec une première application sur le cancer du pancréas.

Delphine Felder-Flesch, fondatrice et présidente de Superbranche, a lancé deux recrutements suite à la levée de fonds — Photo : Isabelle Maradan

Aprex Solutions se voit en leader européen de la vision industrielle

Installée à Pulligny, en Meurthe-et-Moselle, Aprex Solutions a pour objectif de devenir le leader européen de la vision industrielle. La start-up qui réalisait un chiffre d’affaires de deux millions d’euros en 2023, opère dans la vision industrielle et l’analyse d’images dédiées aux contrôles qualité. Les technologies d’Aprex Solutions sont installées dans des industries, des centres de R & D et d’innovation, ou encore des laboratoires de recherche, en France et à l’étranger. "Pour viser plus haut, dans un domaine où les besoins sont manifestes et où la technologie évolue à grands pas, il faut saisir chaque opportunité, ne surtout pas rater la fenêtre de tir technologique et de développement business", lance Romain Baude, président de la start-up. Pour structurer sa croissance, l’entreprise mise notamment sur une accélération de son développement commercial, sur un renforcement de son maillage territorial, en France et en Europe, et sur de nouvelles améliorations de ses technologies.

Romain Baude, président d’Aprex Solutions — Photo : Anabelle Filoche

Dianosic lève 7 millions d’euros pour accélérer le développement de son implant nasal

La start-up strasbourgeoise Dianosic, spécialisée dans les solutions de délivrance de médicaments par voie nasale, franchit une nouvelle étape avec une levée de fonds de 7 millions d’euros. Mené par Aptar (Illinois), leader mondial des systèmes de drug delivery, le tour de table réunit également Noshaq (Liège), Capital Grand Est (Strasbourg) et Finovam Gestion (Lille). Cette opération doit permettre à la société d’accélérer les essais cliniques de son implant nasal biorésorbable, conçu pour traiter la rhinite allergique chronique et la rhinosinusite, et d’explorer son potentiel en "nose-to-brain" pour des pathologies neurologiques comme Parkinson ou Alzheimer. "Cette levée de fonds valide la pertinence de notre technologie et va nous donner les moyens d’accélérer notre développement clinique et industriel", souligne Philippe Bastide, cofondateur et président de Dianosic. La start-up, incubée chez Quest for Health à Strasbourg, prépare désormais son expansion industrielle et le déploiement de nouvelles applications thérapeutiques.

Philippe Bastide et Marc Augustin, fondateurs de Dianosic — Photo : Quest for health

Solence lève 1,6 million d’euros pour accompagner les femmes atteintes de SOPK

La start-up strasbourgeoise Solence, spécialisée dans les solutions numériques pour la santé des femmes, franchit une étape majeure avec une levée de fonds de 1,6 million d’euros. Menée par Impact Shakers Ventures et soutenue par des business angels comme Céline Lazorthes, Berthe Latreille et Stéphane Mardel, cette opération permettra à la société d’accélérer le développement de son application dédiée au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Incubée par Quest for Health, Solence propose un programme d’éducation thérapeutique de 12 semaines et un suivi personnalisé des symptômes, permettant aux femmes de mieux gérer alimentation, activité physique, sommeil et stress, tout en renforçant le dialogue avec les professionnels de santé. La start-up prépare également la version 2 de l’application, plus personnalisée et certifiée dispositif médical numérique, pour viser à terme une prise en charge par l’Assurance maladie. Fondée par Clara Stephenson, Solence ambitionne de devenir un acteur incontournable de la santé numérique féminine et de réduire l’isolement des patientes confrontées au SOPK.

Clara Stephenson, fondatrice de Solence — Photo : lisamarie photographie

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