C’est dans l’Université de Lorraine et ses écoles que le concept d’Urbanlopp est né et c’est encore là que la start-up industrielle trouve ses meilleurs VRP. "Les premiers contacts avec la société Abu Dhabi Transport Company se sont faits par l’intermédiaire de Franck Verhack, un ancien d’une école d’ingénieurs nancéienne, l’Ensem. Il travaille aujourd’hui pour cette entreprise, un des maîtres d’ouvrage de la mobilité aux Émirats arabes unis, il nous connaissait, suivait nos développements, cela a facilité les choses", retrace Noémie Bercoff.
Un circuit de 800 mètres et trois stations
La directrice générale d’Urbanloop vient de signer le premier contrat à l’international de la start-up industrielle basée à Tomblaine, en périphérie de Nancy. Un contrat visant à déployer un circuit de 800 mètres, comprenant trois stations et cinq capsules, pour le compte d’Abu Dhabi Transport Company. Fondée en 2019, l’entreprise Urbanloop met sur le marché un système de transport visant à faire circuler des capsules sur des rails interconnectés, et emploie aujourd’hui 28 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros.
Livraison à la fin de l’année 2025
"Ce premier projet international servira à la présentation du système auprès des acheteurs des pays du golfe et sera aussi une opportunité pour nous de produire nos capsules dans les conditions climatiques spécifiques des Émirats", souligne la directrice générale d’Urbanloop. Les dirigeants d’Abu Dhabi Transport Company se sont déplacés jusqu’à Nancy à l’été 2024, ont signé un protocole d’accord en octobre, qui a débouché sur un contrat définitif signé en février 2025. "L’effet réseau a très bien marché", insiste Noémie Bercoff, en précisant que la livraison est programmée pour la fin de l’année 2025.
Un démonstrateur qui a tout changé
Pas encore homologuées aux Émirats arabes unis, les capsules d’Urbanloop ne seront pas déployées dans l’espace public mais sur un terrain privé. "Ce n’est pas un démonstrateur, puisque le système fonctionne et que nous l’avons déjà déployé", souligne Noémie Bercoff. En effet, depuis les JO de Paris 2024, les capsules Urbanloop sont accessibles au public, sur une boucle déployée à Saint-Quentin-en-Yvelines et exploitée comme un démonstrateur par Kéolis. Déployées pour assurer le transport des spectateurs autour de la fan-zone installée dans cette commune, les capsules Urbanloop sont toujours en service. "À date, nous avons transporté 12 000 passagers, dont 6 000 pendant les JO", se félicite Noémie Bercoff.
Une stratégie concentrée sur les ventes
Travaillant avec ses équipes à une levée de fonds pour rassembler environ trois millions d’euros, la directrice générale d’Urbanloop estime aujourd’hui que la "stratégie prioritaire de l’entreprise, c’est de vendre et de développer Urbanloop. Nous avons fait un premier démonstrateur, à Saint-Quentin-en-Yvelines, nous sommes homologués, nous allons à l’assaut du marché", fixe la dirigeante. Consciente des difficultés des start-up industrielles françaises à financer leur croissance, Noémie Bercoff indique cependant que la levée de fonds reste une option "si nous en avons besoin", tout en revendiquant une "stratégie pragmatique". "Notre stratégie est basée sur le produit, sa simplicité, sa réalité, et notre capacité à convaincre nos clients". En France, Urbanloop doit déployer un premier circuit à Nancy. Un chantier à 11 millions d’euros qui doit voir s’installer la première ligne de capsules conçues par la start-up, soit 3,2 kilomètres. Sans vouloir lever le voile sur les discussions en cours, la directrice générale d’Urbanloop rappelle qu’elle a signé "une dizaine d’études d’opportunités" pour des "territoires divers" et anticipe des signatures pour des déploiements.