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Carvolix se construit en leader mondial dans le domaine cardiovasculaire
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Carvolix se construit en leader mondial dans le domaine cardiovasculaire

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Implantée à Aix-en-Provence, la medtech Carvolix a été créée fin janvier par Truffle Capital pour absorber trois de ses sociétés : l’aixois Affluent Medical, le niçois Caranx Medical et le francilien Artedrone. Il entend révolutionner le traitement des AVC et le remplacement de valves cardiaques. Des marchés estimés à 23 milliards d’euros.

Le docteur Philippe Pouletty, cofondateur et codirecteur général du fonds Truffle Capital, principal actionnaire de Carvolix — Photo : DR

Cofondateur et codirecteur général du fonds Truffle Capital, qui investit dans la création de biotech et medtech "qui peuvent révolutionner la médecine", le docteur Philippe Pouletty n’est pas du genre à minimiser ses ambitions. "Je ne cherche pas à faire des produits marginalement innovants", explique-t-il. Comme il ne cherche pas à multiplier les start-up, mais à "créer des leaders mondiaux". Ce "business builder" (constructeur de business, NDLR), comme il aime à se définir, l’a fait avec Abibax (qui exploite le système immunitaire pour développer des nouveaux traitements et est valorisée à 10 milliards d’euros), en fusionnant trois biotech dont Truffle Capital était actionnaire majoritaire. Et il entend bien récidiver avec la toute jeune société cotée en Bourse Carvolix (une centaine de collaborateurs, valorisée autour de 55 millions d’euros), dont le siège est implanté à Aix-en-Provence.

Combiner trois sociétés pour peser

Détenue à plus de 73 % par Truffle et à près de 10 % par Edwards Lifesciences, complétés par une poignée de business angels, l’entreprise est née fin janvier pour que l’aixois Affluent Medical absorbe le niçois Caranx Medical (pour 16,60 M€) et le francilien Artedrone (pour 11,40 M€). Trois entités dont Truffle était actionnaire majoritaire, expertes en micro-robotique, IA, guidage par imagerie et technologies. L’opération s’est accompagnée de la mise à disposition d’une première tranche de 10 millions d’euros par des fonds gérés par Truffle et par Edwards. Destiné à démocratiser des procédures chirurgicales complexes, Carvolix ambitionne de devenir très vite incontournable dans le domaine cardiovasculaire. "Combiner trois sociétés peut vous permettre d’être d’emblée une structure qui pèse", commente le docteur Pouletty.

Deux marchés estimés à 23 milliards d’euros

La stratégie de Carvolix est claire : limiter les risques avec une activité multiproduits, exploiter les synergies et se recentrer sur les innovations cardiovasculaires de chacune des entreprises intégrées. L’idée est également de se concentrer sur le développement technologique de mini-robots autonomes guidés par IA et d’implants biomimétiques (inspirés du vivant). Mais aussi de transformer radicalement le remplacement des valves cardiaques avec Tavi, qui combine IA pendant l’intervention et mini-robots pour rendre les cardiologues autonomes, ainsi que le traitement des AVC, "aujourd’hui catastrophique car il y a très peu de centres de neuro radio interventionnelle", insiste le Dr Pouletty.

Ce traitement sera plus accessible, grâce à des micro-robots cette fois, eux aussi utilisant l’IA et eux aussi utilisables par des cardiologues interventionnels, "qui sont deux fois plus nombreux que les neurologues interventionnels". Deux marchés estimés à 23 milliards d’euros.

Recentrer les activités

Cela veut dire, à court terme, vendre Artus, un sphincter urinaire artificiel actuellement dans le portefeuille d’Affluent, et mettre en suspens Obélia, traitement de l’obésité développé par Caranx. Carvolix va également confier l’anneau mitral Kalios (destiné à soigner les souffles au cœur) à Edwards dans le cadre d’un partenariat avec option d’achat, pour mieux se focaliser sur la commercialisation en direct du logiciel TaviPilot aux États-Unis, puis en Europe fin 2026. Ainsi que sur les programmes d’essais cliniques pour le traitement des AVC, attendus fin 2026 ou début 2027, et pour la valve mitrale biomimétique Mitrapilot (ex Epygon).

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