La biotech Carbios, spécialisée dans le recyclage enzymatique des polymères plastiques et textiles, vient d’annoncer la suppression de 27 postes, entraînant le licenciement effectif de 15 salariés. Cette mesure s’inscrit dans une période de forte contraction pour la biotech, qui emploie 70 personnes à ce jour contre près de 200 à l’automne 2024.
Départs en chaîne
Une date charnière à partir de laquelle, ses effectifs n’ont cessé de fondre : d’abord suite à deux plans sociaux d’entreprise (PSE) en janvier 2025 concernant ses filiales Carbios et Carbios 54 (- 40 % des effectifs), puis en décembre de la même année, avec une dizaine de licenciements économiques (dans la filiale Carbiolice spécialiste de la biodégradation du PLA). Enfin, un troisième PSE est décidé en janvier 2026 : 15 personnes doivent à nouveau quitter le navire. "Sans compter les nombreuses démissions spontanées", commente une salariée entamée par la dégradation des relations au sein de l’entreprise hébergée sur l’Innovation Park de Michelin à Clermont-Ferrand. Une hémorragie qui a notamment touché le cœur de la biotech, sa R & D.
Parallèlement à ces difficultés sociales, l’entreprise fait face à des tensions internes croissantes, marquées par un durcissement du conflit entre l’équipe fondatrice autour de Philippe Pouletty (Truffle Capital) et le nouveau management, coordonné par Vincent Kamel, directeur général.
Chine versus France
Cette situation de crise intervient alors que la société mène de front deux projets d’industrialisation. L’un prendrait la forme d’un partenariat contesté avec l’industriel chinois Wankai et l’autre concerne son projet de construction d’une usine de biorecyclage de plastiques à Longlaville (Meurthe-et-Moselle), dont le financement tarde à être bouclé.
Cotée sur Euronextgrowth, la société compte près de 85 % de petits porteurs à son capital et des investisseurs de renom comme les groupes Michelin (environ 3 %), L’Oréal (via son fonds Bold à plus de 5 %) et L’Occitane (2,33 %).