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La biotech auvergnate Carbios en phase de décollage
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La biotech auvergnate Carbios en phase de décollage

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Pas à pas, Carbios, porteuse d’une innovation pour le recyclage biologique du plastique, déploie sa stratégie d’industrialisation mondiale. Hébergée à Clermont-Ferrand au sein du site historique de Michelin, qui la suit de très près, elle vient de poser la première pierre de son usine lorraine, sécurise ses approvisionnements en déchets et accélère son développement commercial.

La future usine lorraine de Carbios devrait être opérationnelle début 2026 — Photo : Carbios

La start-up Carbios (environ 110 salariés) pionnière dans le développement et l’industrialisation de technologies biologiques pour le recyclage des plastiques et des textiles, annonce aujourd’hui ses résultats semestriels clos le 30 juin 2024. Le chiffre d’affaires est encore anecdotique - 73 000 euros - au vu du potentiel de la biotech auvergnate qui a levé 105 millions d’euros en mai 2021 et réalisé une augmentation de capital de 141 millions d’euros en juillet 2023. De quoi financer la construction de sa future usine de Longlaville (230 millions d’euros d’investissement) et accélérer son développement commercial.

Créée en 2013 par la société de capital-risque Truffle Capital, la jeune entreprise a mis au point ses démonstrateurs industriels à Clermont-Ferrand, sur le site Cataroux de Michelin, dédié à l’innovation technologique.

Carbios, dont les travaux de recherche lui ont valu les honneurs de la couverture de la prestigieuse revue Nature en juillet dernier, est également soutenue par de grands groupes industriels comme Nestlé, PepsiCo, L’Oréal, Salomon, Patagonia, Puma, désireux d’améliorer la recyclabilité de leurs emballages ou de leurs textiles.

De gros besoins de financement

En phase de pré-industrialisation, le groupe présente un résultat net correspondant à une perte de 18,1 millions d’euros au 30 juin 2024. Le montant de sa trésorerie s’élevait à 120,7 millions d’euros au 30 juin 2024, auxquels s’ajoutent 23,4 millions d’euros de dépôts à terme classés en actifs financiers (pour un total de cash de 144 millions d’euros après prise en compte des dépôts à terme), contre 192 millions d’euros au 31 décembre 2023. Par ailleurs, 42,5 millions d’euros d’aides publiques sont attendus.

Décollage industriel attendu en 2026

" Au cours du premier semestre 2024, nous avons lancé la construction de notre usine de Longlaville dotée d’une capacité de traitement de 50 000 tonnes par an. Nous avons sécurisé plusieurs accords d’approvisionnement en déchets et signé des partenariats stratégiques en vue de la concession de licences. Nous travaillons désormais à la contractualisation de vente de la production de l’usine", déclare Emmanuel Ladent, directeur général de Carbios. La production du site de Longlaville devrait commencer début 2026.

Des projets d’usine dans le monde entier

Au premier semestre 2024, Carbios a noué plusieurs partenariats stratégiques à l’international en vue de déployer son modèle de concession de licences de ses technologies et savoir-faire dans le domaine du biorecyclage enzymatique des plastiques et textiles en PET.

En juin 2024, c’est avec Zhink Group, l’une des 500 plus grandes entreprises privées chinoises, spécialisée dans le PET et les textiles, qu’elle a signé une lettre d’intention pour l’acquisition par Zhink Group d’une licence de sa technologie de biorecyclage du PET.

La Chine, marché clé

Cet accord de licence doit permettre à Zhink Group de construire et d’exploiter en Chine une usine d’une capacité minimale annuelle de traitement de 50 000 tonnes de déchets PET préparés. La Chine, premier producteur mondial de PET, est un marché clé pour Carbios, et cet accord pourrait permettre d’établir une présence sur ce marché majeur.

Des projets en Turquie et au Royaume-Uni

En août 2024, Carbios et SASA, l’un des principaux fabricants mondiaux de polyester, ont annoncé la signature d’une lettre d’intention pour l’acquisition potentielle par SASA d’un accord de licence pour la construction et l’exploitation d’une usine de dépolymérisation enzymatique à Adana, en Turquie. D’une capacité annuelle de 100 000 tonnes de déchets PET préparés grâce à la technologie de recyclage enzymatique de Carbios, elle permettrait à SASA de répondre à la demande mondiale croissante de matériaux durables dans l’industrie textile, en ciblant principalement le marché européen.

Enfin, toujours en août 2024, la jeune pousse et FCC Environment UK, l’une des principales sociétés de recyclage et de gestion des déchets au Royaume-Uni, ont annoncé la signature d’une lettre d’intention en vue d’installer au Royaume-Uni une usine de biorecyclage de PET.

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