Le fonds d’investissement américain Lone Star reprend Polytechnyl mais ne sauve que 72 emplois sur 550
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Le fonds d’investissement américain Lone Star reprend Polytechnyl mais ne sauve que 72 emplois sur 550

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Le tribunal des activités économiques de Lyon a validé l’offre de reprise du chimiste Polytechnyl par le fonds américain Lone Star. Sur les 550 salariés que comptent les deux sites de Saint-Fons et Valence, seulement 72 seront repris. Une casse sociale qui relance les inquiétudes autour de la Vallée de la chimie.

Vue aérienne de la vallée de la chimie au sud de Lyon — Photo : Axelera

C’est le coup de massue pour les 550 salariés du chimiste Polytechnyl, placé en redressement judiciaire depuis janvier. Le tribunal des activités économiques de Lyon a validé l’offre de reprise de la filiale française du groupe belge Domo Chemicals par le fonds d’investissement Lone Star. Une offre de 10,1 millions d’euros qui ne concerne ni l’outil de production, ni le foncier mais uniquement les brevets, la marque Technyl et les activités de recherche et commerciales.

Seulement 72 emplois sauvés

Sur les 550 salariés que compte Polytechnyl sur ses deux sites de Saint-Fons, dans le Rhône, et de Valence, dans la Drôme, seulement 72 seront repris par Lone Star. Et uniquement sur le site rhodanien. Un drame pour le chimiste qui dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avait déjà licencié 155 emplois sur son site de Saint-Fons, en 2025.

L’entreprise, elle, cessera son activité le 30 avril. Le tribunal des activités économiques de Lyon estimant qu’elle ne "dispose pas de capacités de financement suffisantes pour envisager une poursuite d’activité, même brève dans le cadre de la période d’observation". Le fonds d’investissement américain s’est, lui, engagé à ne pas licencier les salariés repris dans un délai d’un an.

Dans un communiqué, le député européen Pierre Jouvet et secrétaire général du Parti socialiste, évoque une "nouvelle étape dans l’abandon de notre souveraineté industrielle". Pour le Valentinois, la reprise des sites de Saint-Fons et Valence par Domo Chemicals en 2019 a "affaibli les savoir-faire, asséché les ressources, et creusé des pertes atteignant 94 millions d’euros en 2024 puis 120 millions en 2025".

Vers un effet domino ?

Le secrétaire général du Parti socialiste estime que "la désintégration d’un acteur d’envergure comme Polytechnyl fragilise, en cascade, toute la plateforme industrielle chimique de Saint-Fons". Un avis que partage le maire de la commune de 20 000 habitants, Hadi Mebarkti (LFI), qui s’inquiète d’un "effet domino" dans la mesure où "l’usine de Polytechnyl sert de chaufferie à ses voisines, toutes autrefois reliées et gérées par une seule entreprise, Rhône-Poulenc".

Évoquant la suppression "d’une centaine d’emplois chez les sous-traitants", Pierre Jouvet parle de "choc industriel et social pour la Vallée de la Chimie" et prévient : "des entreprises comme Elkem, Suez, Syensqo ou Kem Oine risquent d’être directement menacées".

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