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bioMérieux crée son futur pôle européen du diagnostic moléculaire
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bioMérieux crée son futur pôle européen du diagnostic moléculaire

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Le spécialiste du diagnostic in vitro bioMérieux vient d’investir 250 millions d’euros dans une nouvelle unité de production de tests PCR, sur son site isérois de la Balme-les-Grottes. À terme, 400 emplois seront créés. Ce projet illustre la stratégie du groupe rhodanien de développer ses activités de biologie moléculaire, tout en sécurisant l’approvisionnement de ses clients européens.

L’équipe dirigeante de bioMérieux, des élus et représentants de la Région, a posé la première pierre de la future usine de La Balme, en Isère — Photo : @bioMérieux – Rémi Portier Photographe

La Balme-les-Grottes, petit village du Nord Isère de quelque 1200 âmes, surtout connu pour ses cavernes et son lac souterrain sera bientôt l’un des principaux centres européens pour la production de tests PCR. Le spécialiste du diagnostic in vitro bioMérieux (13 700 salariés ; 4,07Md€ de CA en 2025) vient en effet d’y investir 250 millions d’euros, pour la construction d’une nouvelle usine d’unités de biologie moléculaire de 11 000 mètres carrés. Le site devrait à terme employer 400 personnes et permettre de produire autour de 8 millions de kits par an.

Le calendrier est serré et les délais ont pour l’instant été parfaitement respectés, preuve de l’importance stratégique de cette future usine pour le groupe rhodanien : les premières études et demandes d’autorisation ont ainsi été réalisées au printemps 2025, la délivrance des permis de construire en janvier 2026, pour une livraison de l’usine prévue en juin 2027. "L'usine entrera en production en janvier 2030 et atteindra ses pleines capacités un an plus tard", explique Guillaume Maestri, directeur du site.

Entièrement financé sur fonds propres, le projet n’a bénéficié d’aucune subvention publique. Une manière pour bioMérieux de souligner que la décision répond avant tout à des impératifs industriels et stratégiques liés à la croissance du diagnostic moléculaire et à la sécurisation de l’approvisionnement du marché européen.

"Le diagnostic représente un enjeu mondial pour prévenir contre les risques de maladies infectieuses. Ce projet de la Balme-les-Grottes représente avant tout un investissement structurant pour le renforcement des capacités de santé publique de notre pays et de l’Europe", explique Alexandre Mérieux, président de bioMérieux.

Sécuriser l’approvisionnement du marché européen

La pandémie de Covid-19 a révélé la dépendance de nombreux pays à des capacités de production localisées hors de leurs frontières. "Dans un contexte géopolitique troublé, cette usine va nous permettre de sécuriser l’approvisionnement des professionnels de santé européens et de rendre notre modèle industriel plus robuste et plus agile", souligne Pierre Boulud, directeur général de bioMérieux.

Jusqu’à présent, l’ensemble de la production mondiale de ces tests moléculaires reposait sur un seul site industriel, au sein de la filiale américaine de bioMérieux BioFire, à Salt Lake City. Une concentration qui apparaissait de plus en plus risquée dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les fragilités logistiques et les enjeux croissants de souveraineté sanitaire.

"L’usine de La Balme va répliquer les mêmes procédés et équipements de haute technologie que celle située à Salt Lake City", poursuit Alexandre Mérieux. "Il ne s’agit pas de déporter le site américain ni de faire de la relocalisation, mais de doter l’Europe de son propre outil de production", ajoute Guillaume Maestri, directeur du site isérois.

Les deux installations fonctionneront donc en complémentarité, la production de La Balme-les-Grottes étant destinée principalement au marché européen.

Les tests moléculaires, moteur de la croissance du groupe

Cette nouvelle usine traduit également la place prise par le diagnostic moléculaire dans l’activité du groupe. Les tests syndromiques représentent désormais près de 40 % du chiffre d’affaires de bioMérieux et constituent l’un de ses principaux moteurs de croissance.

Ces tests sont capables d’identifier, à partir d’un seul prélèvement et en moins d’une heure, les principaux virus ou bactéries responsables d’un syndrome donné. Une technologie appelée à transformer la prise en charge médicale dans les années à venir.

"Les tests syndromiques vont fortement se développer, non seulement parce qu’ils sont délocalisables au plus près du patient, mais aussi parce qu’ils accélèrent considérablement le diagnostic pour les professionnels de santé", avance Pierre Boulud.

Ces outils permettent notamment d’améliorer l’orientation des patients dans les services d’urgence ou de soins critiques. "Nos tests sont un outil au service du système de santé. En réalisant rapidement le bon diagnostic, nous évitons les hospitalisations inutiles et les traitements inadaptés", poursuit le dirigeant.

La Balme-les-Grottes, un site stratégique pour bioMérieux

La future usine ne constitue d’ailleurs pas un investissement isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie de renforcement progressive du site isérois, engagée depuis plusieurs années. Créé en 1974 sous le nom d’API Système, le site s’est d’abord imposé comme une référence mondiale en bactériologie grâce à ses systèmes d’identification des micro-organismes, avant d’être intégré à bioMérieux en 1986. Historiquement dédié à la production de milieux de culture et de solutions de diagnostic microbiologique, il est progressivement devenu l’un des piliers de la stratégie industrielle du groupe.

En 2023, bioMérieux y a inauguré un bâtiment de R & D de 11 000 m² regroupant plusieurs centaines de chercheurs et ingénieurs. Un investissement cohérent avec la stratégie du spécialiste du diagnostic in vitro, qui consacre chaque année près de 12 % de son chiffre d’affaires à la recherche et développement.

L’année suivante, le groupe a franchi une nouvelle étape en internalisant une partie de la fabrication des consommables utilisés dans ses kits de tests. Une ligne d’injection plastique a ainsi été installée afin de produire sur place les cônes, embouts et barrettes entrant dans la composition des tests de diagnostic moléculaire. À ce jour, le site compte 550 collaborateurs et devrait donc atteindre les 1 000 salariés à l’horizon 2030 avec la nouvelle unité de production.

Deux autres sites de bioMérieux impliqués dans la production

Cette unité de tests PCR s’inscrit par ailleurs dans un écosystème industriel dense en Auvergne-Rhône-Alpes, berceau historique de bioMérieux. Ainsi, l’usine de la Balme les Grottes concevra les réactifs chimiques et les plaquettes de tests en plastique, tandis que les enzymes seront fabriqués sur le site de Marcy-l’Etoile et que d’autres composants seront réalisés à Grenoble, où bioMérieux possède un site principalement dédié à la production de tests diagnostiques (applications cliniques et industrielles) et à la R & D en biologie moléculaire.

Le groupe vient d’ailleurs d’investir 22 millions d’euros à Grenoble pour agrandir sa R & D et investir dans une nouvelle unité de production dédiée aux projets stratégiques, dont celui de la Balme-les-Grottes fait partie.

Entre Marcy-l’Étoile, Grenoble et La Balme-les-Grottes, bioMérieux construit ainsi une chaîne de valeur largement intégrée en Auvergne-Rhône-Alpes, de la recherche à la fabrication des composants et réactifs nécessaires aux tests moléculaires.

"Les racines de notre société familiale sont en Auvergne-Rhône-Alpes, où nous possédons quatre sites. Nous ne nous sommes pas posé la question d’aller ailleurs pour ce nouveau projet", conclut le président Alexandre Mérieux.

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