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Le projet de reprise de la plateforme de chimie Vencorex abandonné
Grenoble # Chimie # Procédure collective

Le projet de reprise de la plateforme de chimie Vencorex abandonné

Après des mois de travail et moult rebondissements juridiques, les porteurs du projet Exalia viennent d’annoncer le retrait définitif de leur offre de reprise de l’ancienne plateforme de chimie Vencorex. Ils déplorent des verrous procéduraux et des délais trop courts, qui ont selon eux conduit à ce gâchis social et industriel.

L’entreprise de chimie Vencorex, a été placée en redressement judiciaire en septembre 2024. Les porteurs du projet de reprise de la plateforme ont définitivement abandonné, après le rejet du tribunal — Photo : Vencorex

C’est la fin d’une saga qui aura duré près d’un an. Le projet Exalia de reprise de la plateforme de chimie de Pont de Claix en Isère, anciennement exploitée par Vencorex et liquidée au printemps 2025 ne verra pas le jour. Après des mois de travail acharné pour monter une proposition solide susceptible de relancer la production chimique de sel et de chlore de la plateforme, les porteurs du projet ont été contraints de jeter l’éponge. Les deux principaux représentants du projet, Olivier Six, dirigeant de la société grenobloise CIC Orio et Séverine Dejoux, ancienne salariée et représentante syndicale de Vencorex ont ainsi annoncé hier dans un communiqué "le retrait définitif et irrévocable de reprise de la plateforme".

"Les impératifs de délais, l’inertie et les verrous procéduraux condamnent un projet qui représentait pourtant l’avenir d’une filière industrielle régionale et nationale stratégique", regrettent Olivier Six et Séverine Dejoux.

Rejet du tribunal des affaires économiques de Lyon

Rappelons qu’au mois de mars, le tribunal des affaires économiques de Lyon avait finalement préféré l’offre de démantèlement total du site d’un ferrailleur drômois, au projet Exalia.

"Un choix dicté par la recherche d’un gain immédiat de 1,5 million d’euros", déplorent Olivier Six et Séverine Dejoux, qui estiment qu’Exalia aurait au contraire permis de sécuriser sur le long terme la production de matières premières stratégiques, clé pour le reste de l’industrie française, notamment pour le nucléaire et l’armement.

Refusant de capituler, les porteurs du projet avaient alors travaillé sur une seconde offre, appuyés par un soutien financier de la ville de Pont de Claix, afin de racheter les actifs restants et de négocier le rachat des installations nécessaires auprès du ferrailleur. "C’est cette ultime tentative que le formalisme rigidement revendiqué par la liquidation vient définitivement de bloquer", regrettent encore les porteurs du projet. "En privilégiant la vente à la découpe plutôt que la continuité d’un projet industriel d’avenir, le liquidateur a revendiqué la prévalence d’une logique comptable sur l’intérêt immédiat", ont dénoncé Olivier Six et Séverine Dejoux.

Un immense gâchis humain et industriel

Le projet aurait pourtant permis de recréer plus de 250 emplois à court terme, de sauver une mine de sel stratégique dans le Drôme reliée à la plateforme par un saumoduc, et le développement d’un site de chimie "moderne et décarboné". Non seulement les porteurs du projet ont perdu des centaines de milliers d’euros investis à fonds perdu en études techniques et juridiques, mais la fermeture définitive du site de chimie va contraindre la France à importer massivement des matériaux critiques, entraînant une perte de souveraineté du pays.

Les porteurs du projet ont néanmoins remercié les nombreux élus locaux et notamment l’ancien président de la métropole de Grenoble Christophe Ferrari, très actif dans le projet depuis le début, les anciens salariés de Vencorex impliqués dans la reprise, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin, venu à deux reprises sur la plateforme pour exprimer son soutien et les partenaires publics et privés d’Exalia. "La page Exalia se tourne aujourd’hui avec un immense regret mais notre détermination à nous battre pour l’industrie, l’emploi et la souveraineté de notre pays reste intacte", ont conclu les porteurs du projet.

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