Une semaine après la décision du tribunal des affaires et économiques de Lyon concernant le rejet du projet Exalia de reprise de la plateforme de production de chlore et soude Vencorex, le président de la métropole de Grenoble et maire de Pont de Claix Christophe Ferrari, ainsi que plusieurs députés et sénateurs de l’Isère et de la Drôme ont adressé un courrier au ministre de l’industrie Sébastien Martin, pour lui demander d’intervenir dans le dossier. Le ministre s’est engagé la semaine dernière à aider les porteurs du projet à trouver une solution. Il y a un an,
Une décision inconciliable avec la réindustrialisation du pays
Selon les élus, en choisissant l’offre de reprise d’un ferrailleur drômois et de Suez et PDC Chemical, le tribunal a certes suivi la procédure propre à toute liquidation, en se basant sur le critère de prix. "Ce faisant le tribunal a ouvert à la voie à une cession par lots et à un démantèlement progressif du site, difficilement conciliable avec les objectifs de réindustrialisation que l’État s’est fixés", déplorent-ils.
Surtout, selon les auteurs du courrier, "une appréciation plus globale s’imposait", estimant que les juges ont sous-évalué les coûts d’entretien et d’assurance de la plateforme, classée Seveso, pendant plusieurs années. Sans compter le coût de dépollution du site, estimé à un milliard d’euros et qui devra être supporté par les collectivités locales. "Une reprise globale aurait permis de décharger le liquidateur de ces contraintes tout en limitant les coûts induits pour la collectivité", ont-ils déclaré.
Enfin, la fermeture de la plateforme Vencorex va affaiblir les capacités productives nationales, estiment les élus. "Vencorex et son voisin Arkema, basé à Jarrie représentaient 14 % des capacités de production de chlore du pays", rappellent-ils. "La fermeture va faire passer la France du statut d’exportateur à celui d’importateur".
L’État doit faire appel
Pour toutes ces raisons et afin de sauver le projet à court terme, les auteurs du courrier ont donc demandé que l’État rachète les équipements en cours de cession pour préserver la possibilité d’une reprise industrielle future. Ils ont également exigé "l’accompagnement d’une reprise du foncier", via un portage transitoire par l'Etat et ou une collectivité ou un accompagnement technique et financier pour une reprise en direct. Objectif de cette reprise, réduire "les contraintes environnementales" qui représentent "une charge trop importante pour le liquidateur". Enfin, les élus ont demandé au Ministre, seul habilité à le faire avec le liquidateur, d’interjeter appel de la décision du tribunal.
Le président de la métropole a quant à lui déjà saisi le procureur général de la république de Lyon. "On choisit aujourd’hui une solution simple, rapide, qui donne l’illusion de régler le problème, plutôt qu’un projet structurant, construit dans la durée, par le territoire et pour le territoire. C’est une erreur stratégique. Une erreur lourde de conséquences pour notre avenir industriel. Mais ici, nous ne lâchons rien. Défendre nos emplois, transformer nos capacités en opportunités : c’est dans notre ADN", a déclaré le président sur son compte LinkedIn.