Doubler ses capacités de production pour atteindre les 10 000 portes par an. C’est l’objectif que s’est fixé Maviflex, le fabricant rhodanien de portes souples et rapides (pour l’industrie, les grandes surfaces, les laboratoires, etc.). Pour y parvenir, la PME familiale (179 salariés ; 34,5 M€ de CA en 2025), basée à Décines-Charpieu, près de Lyon, vient d’engager la dernière étape de son plan de transformation industriel commencé en 2020.
"Nous venons d’attaquer la rénovation et la modernisation de notre bâtiment historique de 5 000 m², dédié à notre atelier de montage. Cette rénovation comprend l’isolation thermique et tout le process pour limiter les reprises de charges. Nos produits sont relativement lourds, de 100 à 300 kg pour un produit fini. Jusqu’ici, on fonctionnait avec beaucoup de chariots et tractages manuels. L’idée est d’automatiser cet assemblage en passant sur des systèmes de convoyeurs. On travaille beaucoup sur l’ergonomie des postes", explique la directrice générale de l’entreprise Anne-Sophie Panseri.
15 millions d’euros investis au total
Pour rénover et automatiser au maximum son atelier de montage, Maviflex prévoit d’investir "entre 1,5 et 2 millions d’euros sur la période 2026-2027". Un investissement qui viendra s’ajouter à ceux engagés depuis 2020 et qui portera l’enveloppe globale à plus de 15 millions d’euros sur la période.
"En six ans, nous sommes passés de 7 000 à 15 000 m² de surface de production. Nous avons reconstruit notre atelier dédié à la fabrication des armoires de commandes de nos portes. Nous avons fait une première extension de 3 000 m² qui accueille aujourd’hui notre show-room et les espaces de formations des revendeurs. Et nous avons poursuivi avec un agrandissement de 3 500 m² pour transformer tout notre process industriel sur la fabrication de la partie tôlerie et des toiles (souples) avec à la fois de nouvelles machines et l’apport de technologies digitales pour connecter les machines à notre CRM et pouvoir ainsi lancer en production de manière plus automatique", détaille la dirigeante.
Un tiers de chute de production en moins
Cette automatisation des process a apporté à Maviflex des gains de productivité et lui a aussi permis de soigner son bilan carbone grâce à l’apport de technologies moins énergivores. "L’un de nos enjeux, c’est de mieux maîtriser nos chutes à la fabrication. Pour les toiles, nous avons opté pour des tables de coupe automatisées qui nous permettent de faire des imbrications de pièces. Ce qui nous a permis de réduire d’un tiers nos chutes de production participant du même coup à baisser la consommation de nos matières premières", illustre Anne-Sophie Panseri.
Avec la dernière étape de son plan de transformation industrielle — la rénovation et l’automatisation de son atelier de montage — Maviflex ambitionne de basculer totalement "dans un environnement d’industrie 4.0". Avec à la clé des perspectives business majeures. "Quand on a démarré notre plan de transformation, on produisait 3 800 portes par an. Aujourd’hui, on est à 5 300 unités et l’objectif c’est de se donner la capacité d’atteindre, avec ce dernier investissement, les 10 000 portes par an. Si tant est que l’on parvienne à recruter pour passer en 2X8 et que le marché nous soit favorable, notamment à l’international". développe la directrice générale de Maviflex.
Des ambitions à l’export
Leader incontesté sur le marché français des portes souples et rapides, Maviflex sait parfaitement qu’il sera difficile de faire mieux sur le marché domestique. C’est donc tout naturellement que l’entreprise rhodanienne mise aujourd’hui sur l’export pour poursuivre sa croissance. "Aujourd’hui, nous réalisons 80 % de notre chiffre d’affaires en France. L’objectif est d’arriver le plus rapidement possible à un équilibre 50/50 entre export et marché français. Ce qui devrait nous conduire à atteindre les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires", expose Anne-Sophie Panseri.
À l’origine, la directrice générale de Maviflex s’était donnée comme horizon 2030 pour atteindre ce seuil mais c’était sans compter sur l’imprévisibilité du président américain Donald Trump. "Nous avons fait en sorte de mettre notre usine en capacité de doubler sa production pour accélérer notre développement à l’international mais aujourd’hui avec le contexte géopolitique, l’international c’est compliqué. Chaque année, ce sont de nouvelles galères qui arrivent. Après l’Ukraine, c’est aujourd’hui le Moyen-Orient qui entraîne des hausses de coûts et un coup de frein chez nos clients", constate Anne-Sophie Panseri.
Un contexte géopolitique délicat
Avant le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, la dirigeante tablait sur une croissance de 3,5 % en 2026 après un exercice 2025 quasi-étale à + 0,2 %. "Aujourd’hui, nous sommes à 1 %. On ne va pas se plaindre, cela reste une croissance mais avec encore pas mal d’incertitudes. Il faut rester vigilant et être suffisamment solide au niveau du capital pour tenir nos investissements et faire le dos rond en attendant que les investissements en France et dans le monde repartent", confie la dirigeante.
Un exercice d’autant plus périlleux que la PME est loin d’avoir amorti ses 15 millions d’euros d’investissement. "Pour les bâtiments, il faut compter 15 ans d’amortissement et sur les machines, on est sur 8 ans. Il faut que l’on améliore notre rentabilité pour absorber nos investissements", conscientise-t-elle.
Un changement de stratégie à l’international
Si la dirigeante anticipe des exercices 2026 et 2027 compliqués, elle reste toutefois confiante sur son modèle à long terme. "Il y a quelques années, j’étais parti sur un autre modèle à l’international. Je pensais qu’il fallait être plus près de nos marchés mais l’expérience du Covid m’a fait changer de posture", relate-t-elle. C’est ainsi que Maviflex, qui avait ouvert en 2015 une usine au Vietnam pour attaquer le marché asiatique, a finalement décidé de faire machine arrière en 2023. "Nous avons fermé le site et rapatrié la production pour le marché asiatique en France. On ne peut pas faire des usines partout dans le monde. Une PME de notre taille a besoin de se concentrer sur des nouvelles technologies qui vont lui apporter de la différenciation, lui permettre d’aller plus vite et d’être plus efficace avec un seul site de production", conclut la dirigeante.