L’effet domino sur l’emploi, tant redouté par les salariés de Vencorex, en procédure de redressement judiciaire depuis le mois de septembre, est en train de se produire. La direction du géant de la chimie Arkema, qui possède une plateforme à Jarrie (Isère), non loin du site de Vencorex a annoncé cette semaine la mise à l’étude d’un "projet de recentrage" de leur site isérois. Projet qui impliquerait la fermeture potentielle en 2025 des ateliers de fabrication chlore/soude, menaçant 120 emplois. Rappelons qu’une partie du sel traité par Vencorex à Pont de Claix était jusqu’à présent revendue à l’usine d’Arkema. "On estime que pour un emploi direct chez Vencorex, 5 emplois sont induits. 6 000 postes pourraient ainsi être détruits si l’entreprise disparaît", expliquait ainsi Adrien Poirieux, référent départemental CGT 38 pétrochimie, début novembre.
La Métropole de Grenoble appelle l’État à agir rapidement
La Métropole de Grenoble n’a pas manqué de réagir pour soutenir les salariés d’Arkema, suite à l’annonce de l’entreprise de chimie, comme elle le fait depuis le début de la crise économique et sociale que traverse Vencorex depuis quelques mois. "Si elle se confirmait, cette annonce intervient au pire moment, le jour de la censure du gouvernement qui plonge dans l’incertitude le pilotage politique au plus haut niveau de l’État face à la crise industrielle que nous vivons", déclarait Christophe Ferrari, Président de Grenoble Alpes Métropole et maire de Pont-de-Claix.
Le président de la métropole a ainsi appelé l’État à "tout mettre en œuvre" pour préserver les emplois industriels sur les sites de Jarrie et Pont-de-Claix et à étudier le scénario d’une nationalisation temporaire de Vencorex, même partielle des activités stratégiques. Le but étant de stopper le début d’hémorragie dans la vallée de la chimie au Sud de Grenoble et de conserver un outil industriel majeur pour l’Hexagone.
Difficultés de dépolluer ces sites industriels
L’enjeu est de taille, non seulement pour l’emploi dans la région mais aussi d’un point de vue environnemental : la dépollution et la revitalisation de ces sites industriels coûteraient en effet "des centaines de millions d’euros aux contribuables français et nécessiteraient des dizaines d’années de réhabilitation", selon la métropole.
Enfin, Arkema et Vencorex ont reçu en 2011 et 2017 près de 35 millions d’euros de financements publics pour chacun des sites industriels, qui ont été investis pour la construction de nouveaux électrolyseurs plus compétitifs. La métropole appelle donc les deux industriels à leur sens des responsabilités vis-à-vis des territoires impliqués, "alors qu’ils ont toujours été soutenus par les pouvoirs publics, notamment les collectivités, dans les périodes difficiles et dans leurs projets d’investissement".