Dans un secteur industriel maltraité par les délocalisations, le recyclage des métaux fait encore figure d'exception. "C'est une industrie non délocalisable", rappelle volontiers Marie-Christine Carves, présidente de Purfer, la filiale dédiée au grand quart sud-est de la France, du groupe parisien Derichebourg Environnement (3,151 Md€ de CA en 2025). Avec 420 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et 500 salariés — dont la moitié concentrée en Auvergne-Rhône-Alpes —, Purfer s'impose comme un acteur structurant du recyclage des métaux dans la région.
En bordure du Rhône sur une concession CNR, le site de Saint-Romain-en-Gal va bénéficier d'un investissement de 15 millions d'euros, annoncé dans une enveloppe globale de 130 millions d'euros pour tout le groupe lors de Choose France 2025. Historiquement dédié à la collecte et au traitement de l'inox — dont les cours restent déprimés, avec 12 000 tonnes traitées annuellement —, le site va accueillir une nouvelle activité : le recyclage des ballons d'eau chaude.
Des gaz issus de ballons d'eau chaude utilisés comme combustibles
Un bâtiment de 3 000 m² vient d'être achevé pour abriter ce projet. Les machines sont en attente d'assemblage, et la production devrait démarrer en octobre 2026, une fois obtenue l'autorisation préfectorale. L'originalité du projet tient à la récupération, sous installation confinée, du gaz issu des mousses isolantes des ballons — un combustible qui peut être utilisé comme substitut aux énergies fossiles, notamment par le cimentier isérois Vicat . L'effectif, aujourd'hui limité à 15 personnes, passera à 25 d'ici fin 2026, puis à une trentaine à l'horizon 2027. La capacité de production du site oscillera entre 12 000 et 15 000 tonnes par an.
Saint-Pierre-de-Chandieu : la vitrine technologique
Il y a un an, Purfer inaugurait sa vitrine technologique dans la région, à Saint-Pierre-de-Chandieu, au sud-est de Lyon. Le site, qui a bénéficié d'un investissement de 45 millions d'euros investis en 2023 et 2024, emploie désormais 60 salariés et traite 15 000 tonnes de déchets métalliques par mois. Au cœur de l'installation, trône une machine hors normes, fruit de l'ingénierie maison, capable de broyer, séparer et trier les composants issus du broyage de carcasses automobiles à une cadence de 220 véhicules à l'heure.
Le process génère trois filières de valorisation dont l'acier recyclé, expédié vers les fonderies qui alimentent l'automobile et le BTP d'une part et, de l'autre, des combustibles de substitution, issus de mousses de voiture et d'isolants. Enfin les métaux non ferreux (aluminium, inox, cuivre, laiton) sont revendus sur les marchés spécialisés. Au total, le taux de valorisation atteint 99 %. "Nous avons là l'un des sites les plus modernes de Derichebourg", souligne Marie-Christine Carves, qui n'exclut pas de nouvelles hausses de cadence à mesure que l'outil trouvera sa pleine puissance.
2 millions d'euros pour moderniser la collecte à Oullins
Le troisième maillon de cette chaîne auralpine est un site de collecte à Oullins (Rhône), que Purfer va moderniser d'ici 2027 pour 2 millions d'euros. Cinq emplois y sont prévus. Un investissement modeste à l'échelle du groupe, mais révélateur d'une logique de maillage territorial (une bonne vingtaine de sites couvrent aujourd'hui la région) que Marie-Christine Carves défend avec constance : " Chaque site joue un rôle dans la chaîne de collecte et de traitement. Aucun maillon n'est superflu."