Avenir de Vencorex : l’État n’apportera pas son soutien
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Avenir de Vencorex : l’État n’apportera pas son soutien

Fin de non-recevoir des pouvoirs publics aux appels à l’aide répétés des élus isérois pour sauver l’usine iséroise du chimiste Vencorex. Au-delà du sort de Vencorex, qui sera tranché par le tribunal de commerce de Lyon le 6 mars, c’est tout l’écosystème des plateformes chimiques du sud grenoblois qui est chamboulé, avec plusieurs centaines d’emplois menacés parmi ses clients.

La plateforme de chimie de Vencorex à Pont de Claix emploie 350 personnes — Photo : Vencorex

"Sauvetage de Vencorex Pont-de-Claix et d’Arkema Jarrie : le Premier ministre décide… de ne rien faire ! ". C’est par ces mots que Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix et président de Grenoble Alpes Métropole, et Raphaël Guerrero, maire de Jarrie (Isère), et vice-président de Grenoble Alpes Métropole commencent un communiqué envoyé le 24 février pour exprimer "un sentiment d’abandon brutal et total " suite à la réception d’un courrier de François Bayrou où il annonce fermer la porte "à tous les scénarios de sauvetage que […] nous avions proposés ".

Sentiment d’abandon

Parmi eux, le projet de nationaliser temporairement Vencorex, pour sauver ses emplois et pérenniser son activité et celle de son client, le chimiste Arkema, situé à quelques kilomètres, sur la plateforme de Jarrie.

Pour les deux élus, "cette position est un aveu d’impuissance terrible de la part du Premier ministre qui nous indique aujourd’hui, en définitive, qu’il ne peut rien faire pour sauver l’avenir de 2 des 18 plateformes chimiques françaises et de leurs 6 000 emplois associés ".

Pas de repreneur solide

Pour rappel, Vencorex a été mis en redressement judiciaire le 10 septembre 2024 par son actionnaire thaïlandais PTT Global Chemical.

Le Premier ministre rappelle que "malgré les efforts déployés par l’administrateur judiciaire et les services de l’État […], Vencorex n’a reçu qu’une seule offre de reprise." En l’occurrence, celle d’une filiale hongroise de son principal concurrent, le groupe chinois Wanhua, qui ne conserverait que 54 emplois sur les 450 de l’usine située à Pont-de-Claix.

Avenir en suspens jusqu’au 6 mars

Outre les conséquences sociales immédiates pour ses plus de 450 salariés dans la région dont 350 à Pont-de-Claix, les difficultés de Vencorex ont emporté dans la tourmente les usines Arkema et Framatome (300 salariés) de Jarrie. Faute d’avoir trouvé une qualité de sel similaire à celle produite par son allié historique, Arkema doit se résoudre à arrêter certaines de ses productions. 154 emplois vont être supprimés… tandis que Framatome doit trouver des alternatives pour se fournir en chlore, indispensable pour produire du zirconium, un métal critique pour la filière nucléaire française. En attendant, Framatome a mis en place un plan de chômage partiel pour le site, qui doit toucher 140 salariés sur un effectif total de 300 à partir du 1er avril 2025.

Dans l’hypothèse d’une fermeture définitive des sites de Vencorex et d’Arkema, poursuivent-ils, "aucune garantie, aucune précision non plus sur la manière dont l’État garantira leur mise en sécurité, leur dépollution et leur reconversion, hormis l’allusion à un vague pacte avec le territoire, dont ni les contours, ni le calendrier, ni les financements, ne sont précisés."

La décision du Tribunal de commerce de Lyon quant à l’avenir de Vencorex devrait être connue le 6 mars 2025.

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