La start-up industrielle américaine CIRC veut s’installer en Moselle
Le canadien Loop abandonne, l’américain CIRC reprend le flambeau. Fin 2024, les trois industriels qui portaient le projet Parkes, soit Loop épaulé par les groupes Suez (France) et SK Geo Centric (Corée du Sud), ont annoncé se retirer de l’investissement visant à faire sortir de terre, sur la plateforme Chemesis, une usine capable de mettre sur le marché 70 000 tonnes de matière plastique PET par an, à partir de 145 000 tonnes de déchets plastiques mélangés, pour une enveloppe de 450 millions d’euros. En mai 2025, en prélude du sommet Choose France, c’est la start-up industrielle CIRC, opérant dans le recyclage du textile, qui a choisi la plateforme chimique Chemesis de Saint-Avold, en Moselle, pour construire sa première usine. Installée à Danville, dans l’État de Virginie aux États-Unis, la jeune pousse a dévoilé un projet à 450 millions, pour une usine qui devra être capable de traiter 70 000 tonnes de textiles pour produire 45 000 tonnes de fibres coton et 25 000 tonnes de matières synthétiques. Un quasi copier-coller du projet de Loop, mais sur un autre type de recyclage.
Newcleo envisage d’injecter 1,8 milliard d’euros dans l’Aube pour la production de combustible nucléaire
Lancée dans la course au développement de réacteurs nucléaires de nouvelle génération, la start-up franco-italienne Newcleo envisage de s’installer sur un terrain situé sur les communes de Pont-sur-Seine et Marnay-sur-Seine, dans l’Aube. Un projet à 1,8 milliard d’euros, créateur de 850 emplois au démarrage et 1 700 à plein régime, pour faire sortir de terre une usine de production de combustible nucléaire, de type MOX, pour Mixed Oxide, à partir de matières nucléaires issues du retraitement de combustibles usés. Employant déjà plus de 1 000 salariés, répartis en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Suisse et en Slovaquie, la start-up du nouveau nucléaire revendique un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2024. Le projet, qui bénéficie d'un soutien appuyé des collectivités locales, apparaît tout de même fragile. La trésorerie de Newcléo fond comme neige au soleil, d’autant plus que les commandes fermes sur ce type de réacteur se font attendre.
92 millions d’euros débloqués sur le site de Daimler Buses dans la Meuse
À Ligny-en-Barrois, l’usine meusienne de Daimlers Buses (2 500 salariés, CA : 735 M€), propriété du constructeur allemand Daimler Truck, était déjà promise à un développement rapide avec un investissement annoncé en 2024 de 50 millions d’euros, créateur de 250 emplois. Mais le constructeur allemand a décidé d’en remettre une couche, pour arriver à un total de 92 millions d’euros, créateurs de 600 emplois : 50 millions vont être consacrés à la construction du nouveau bâtiment, et le reste pour les volets liés au développement : création d'emplois, évolution de la structure ou encore accueil du eIntouro. L’enjeu : être capable de suivre les cadences de production de la version électrique de l’autobus Citaro, le e-Citaro, déjà produit à plus de 55 000 exemplaires. Avec cette nouvelle version du Citaro, l’usine meusienne, qui emploie plus de 1 000 salariés, auxquels s'ajoutent environ 300 intérimaires, est déjà solidement arrimée aux orientations stratégiques du groupe, qui veut basculer vers une mobilité électrique.
CAF entend mettre le site alsacien de Reichshoffen sur de bons rails
Le groupe espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles), spécialiste du matériel roulant ferroviaire qui compte 1 000 salariés dans le pays pour un chiffre d’affaires de plus de 4,2 milliards d’euros en 2024 dans le monde, poursuit sa montée en puissance en France. Avec un investissement de 50 millions d’euros et 200 créations de postes, l’entreprise entend renforcer son ancrage sur ses deux sites hexagonaux : Reichshoffen (Bas-Rhin) destiné à la fabrication de rames de trains, et Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) qui conçoit des rames de tramway. En Alsace, sur l’ancien site d’Alstom, CAF va injecter 8 millions d’euros par an jusqu’en 2030 afin de poursuivre l’adaptation de son outil industriel. Ses effectifs doivent grimper de 25 % pour atteindre 1 000 personnes à l’horizon 2027 dans l’objectif d’assurer, entre autres, les dernières commandes de trains passées par la Région Grand Est et la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Coleo prévoit l’implantation d’une usine de recyclage textile dans le Grand Est
L’espagnol Coleo (130 salariés en Espagne), spécialisé dans le recyclage textile, a annoncé l’implantation prochaine d’une usine en France, dans le Grand Est, pour une dizaine de millions d’euros d’investissement. Le projet, annoncé dans le cadre du 8e sommet de Choose France, implique la création de 50 emplois directs et de près de 250 emplois indirects, pour la création d’une usine de recyclage textiles d’une taille comprise entre 3000 et 4 000 m². À pleine puissance, le site devrait avoir la capacité de recycler 20 000 tonnes de vêtements par an. Si Coleo ne communique pas à ce stade sur la localisation exacte de la future usine, l’entreprise envisage de s’installer près de Troyes, dans l’Aube. Le démarrage du site devrait avoir lieu à horizon 2027. Il s’agira de la deuxième implantation de Coleo en France, qui possède déjà une usine à Toulouse.
DP World va injecter 140 millions d’euros dans un parc logistique XXL près de Mulhouse
Le port haut-rhinois d’Ottmarsheim s’apprête à entrer dans une autre dimension. Le fournisseur mondial de solutions logistiques DP World (DPW), appartenant au gouvernement des Émirats arabes unis, va injecter 140 millions d’euros pour la construction d’un parc logistique de 90 000 m2. Cette infrastructure devrait faciliter le transit des barges sur le Rhin tout en offrant une connexion directe avec le réseau ferroviaire et renforcer ainsi les capacités de transport intermodal du port situé à proximité de Mulhouse. Ce futur parc logistique devrait générer la création de 150 emplois directs. Fin mars, DP World avait acquis la totalité de la société helvétique Swissterminal qui exploitait jusque-là le port et les ports intérieurs voisins de Huningue-Village-Neuf et de l’Ile Napoléon
Arkema décarbone son procédé sur la plateforme Chemesis pour 130 millions d’euros
La mise en service est programmée pour le premier trimestre 2026. Le chimiste français Arkema (21 100 salariés, CA : 11,5 Md€) investit 130 millions d’euros dans une nouvelle unité de production d’acide acrylique, située sur la plateforme Chemesis de Carling-Saint-Avold (Moselle). Seul site en France de ce type, l’unité de production a fait l’objet d’un chantier impressionnant, avec par exemple la mise en place de colonnes de distillation mesurant 60 mètres de haut pour 130 tonnes chacune, à insérer au millimètre près. D’après les données fournies par le groupe, les émissions de CO2 de l’usine pourraient ainsi être réduites de 20 %, soit de 20 000 tonnes une fois le projet lancé. Avec un effectif de 380 salariés, l’usine de Carling travaille avec près d’une centaine d’entreprises extérieures, soit environ 250 emplois induits, pour produire un total de 400 000 tonnes de produits par an, expédiées dans 40 pays. Le projet mosellan s’inscrit dans la stratégie d’investissement mondial de décarbonation des activités Arkema.
Pour 450 millions d’euros, EDF transforme la centrale de Fessenheim en Technocentre
Après la fermeture définitive de la plus vieille centrale nucléaire française en 2020, EDF donne un nouveau souffle au site de Fessenheim (Haut-Rhin) avec un projet inédit : le Technocentre, dédié au recyclage des métaux très faiblement radioactifs (TFA). L’énergéticien investira 450 millions d’euros pour créer une unité capable de traiter jusqu’à 500 000 tonnes de déchets nucléaires par an, produisant des lingots réutilisables par l’industrie. À terme, 200 emplois qualifiés seront créés sur le site alsacien d’ici 2031, dans des métiers allant de la métallurgie à la robotique et à la radioprotection. Le projet repose sur un modèle innovant de fusion et de décontamination des métaux TFA, avec un taux de valorisation visé de 85 % et une réduction de 60 % des émissions de CO₂ par tonne par rapport à l’extraction minière classique. EDF s’appuie sur l’expertise locale et un tissu industriel régional pour transformer les lingots en produits finis, dans une logique de circuit court et d’économie circulaire. Une autorisation environnementale sera déposée fin 2025, après la synthèse du débat public mené sur le projet.
ID Logistics déploie 45 millions d’euros pour un centre de distribution dédié à Parfums Christian Dior dans l’Aube
Le groupe international de logistique contractuelle ID Logistics (42 000 collaborateurs ; CA 2024 : 3,3Md€) prévoit l’investissement de 45 millions d’euros, pour implanter un centre de distribution à Buchères, au cœur du Parc logistique de l’Aube. Le site, qui devrait démarrer début 2027, sera dédié à Parfums Christian Dior (Groupe LVMH), pour ses produits de cosmétiques et de parfumerie. Basé à Orgon, dans les Bouches-du-Rhône, ID Logistics s’installera dans un bâtiment de 26 000 m², extensible à 32 000 m², comprenant 25 quais de chargement. Le projet devrait permettre la création nette d’une centaine d’emplois ETP, notamment pour des tâches de « picking » (prélèvement) et de « packaging » (emballage). L’ensemble du site bénéficiera de la certification "Breeam excellent", témoignant de sa performance environnementale.
Verso Energy pourrait débourser près de 2 milliards d’euros pour une usine de carburant durable dans les Vosges
La start-up industrielle parisienne Verso Energy a levé le voile sur un projet de production de SAF pour Sustainable Aviation Fuel ou carburant durable d’aviation, qui doit s’implanter sur l’Ecoparc de Chavelot, à proximité d’Épinal, dans les Vosges. L’acquisition de 21,5 hectares auprès de la SEBL Grand Est, l’aménageur de la zone d’activité, pour 8,6 millions d’euros, a été acté, mais plusieurs études de faisabilité restent à boucler. Exploitant le procédé dit "Methanol-to-Jet", la mise en route de l’usine représente un investissement projeté de 1,8 milliard d’euros. À plein régime, la capacité de production du site vosgien devrait être comprise entre "80 000 et 150 000 tonnes de SAF par an", estime Antoine Huard, le directeur général de Verso Energy. Le dirigeant table sur une mise en service en 2029, à la veille de l’entrée en vigueur de la législation européenne imposant les règles d’utilisation des carburants durables d’aviation, seule piste technologiquement accessible pour décarboner le transport aérien.
NGE Concessions, Transdev et Banque des Territoires relancent la ligne ferroviaire Nancy-Contrexéville
Fermée en 2016, la ligne ferroviaire Nancy-Contrexéville a été concédée au groupement d’entreprises composé de NGE Concessions, Transdev et la Banque des Territoires pour assurer un total de 30 allers-retours quotidien sur la ligne, longue de 75 kilomètres. Le budget du chantier, qui devrait durer trois ans et demi, devrait dépasser les 150 millions d’euros. En plus de la remise en état des lignes, ce chiffre prévoit aussi la création d’un pôle ferroviaire à Mirecourt, une petite commune de Meurthe-et-Moselle, ce pôle permettant d’assurer la maintenance des trains et l’exploitation de la ligne, pour environ 5 % de l’investissement total. Au plus fort des travaux, 300 personnes seront mobilisées par les filiales du groupe NGE impliquées. Au sein du concessionnaire, dont le capital sera porté par NGE Concessions à 50 %, Transdev à 20 % et la Banque des Territoires, filiale du groupe Caisse des Dépôts pour 30 %, la société d’exploitation sera portée à 75 % Transdev Rail et 25 % NGE Exploitation, et devra embaucher un total de 65 personnes, dont 23 conducteurs de trains.
Liebherr-Components Colmar surfe sur la vague des datacenters
Liebherr-Components Colmar SAS va procéder à l’extension de son site de production de moteurs à combustion. Un investissement qui devrait s’élever aux alentours de 80 millions d’euros accompagné de la création d’une centaine d’emplois pour satisfaire au nouveau contrat conclu avec Rehlko, son principal client externe, fournisseur de solutions d’alimentation et de sauvegarde, établi à Brest. Dans le but in fine de soutenir l’industrie mondiale des datacenters. Initialement prévus pour équiper ses propres pelles et tombereaux miniers, les moteurs conçus par Liebherr-Components Colmar SAS (320 salariés, 125 M€ de CA en 2024) trouvent aujourd’hui une application dans les centres de données qui prolifèrent dans le monde entier. Entrepris en 2024, ces travaux d’envergure doivent déboucher, d’ici 2028, sur l’extension modulaire de la ligne de production du site et l’ajout de deux nouveaux bancs de mesure, dans le prolongement des quatre unités que possède la division colmarienne. Ces équipements renforceront le secteur recherche et développement du groupe familial allemand et serviront à la validation de moteurs de nouvelle génération pouvant développer une puissance de 4 500 kW.