Deux jours après avoir signé un contrat lui permettant d’accéder au stock de plutonium usagé des États-Unis, la start-up franco-italienne du nucléaire Newcleo annonce son intention de s’introduire sur le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques de la Bourse américaine.
Deux projets en France pour 3 milliards d’euros
Implantée dans sept pays, Newcleo a généré environ 80 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2024 en mobilisant son équipe de 900 personnes autour du développement de deux projets majeurs, pour un montant total de 3 milliards d’euros : un petit réacteur modulaire refroidi au plomb, basé en Indre-et-Loire, ainsi que des capacités de production de combustible nucléaire recyclé, dit MOX, pour Mixed Oxide.
Une usine de retraitement du combustible nucléaire en projet
C’est dans le Grand Est que doit émerger ce dernier projet à 1,8 milliard d’euros. L’équipe de Newcleo a en effet réservé un terrain de 46 hectares, sur les communes de Pont-sur-Seine et Marnay-sur-Seine, dans l’Aube, pour y bâtir une usine de retraitement du combustible nucléaire, qui doit permettre de créer de 850 emplois au démarrage et 1 700 à plein régime.
Une jeune pousse valorisée 2,4 milliards de dollars
"Depuis 2021, Newcleo a levé plus de 780 millions de dollars de financements privés afin de soutenir sa croissance ainsi que l’avancement de ses démarches d’autorisation réglementaire et de sélection de sites", indique la jeune pousse dans un communiqué. En traversant l’Atlantique, changement d’échelle : l’opération d’introduction en Bourse (IPO) valorise Newcleo à environ 2,4 milliards de dollars. Et avant même que l’IPO soit bouclée, la start-up du nucléaire a levé 220 millions de dollars auprès des investisseurs américains.
Capitaliser sur les projets développés en Europe ?
Sans remettre en question les projets français, les éléments transmis par la start-up sont transparents : "Le projet d’introduction en bourse permettra d’accélérer la stratégie de croissance de Newcleo aux États-Unis, en capitalisant sur les projets déjà développés en Europe pour soutenir son déploiement et son exécution opérationnelle".
Déjà une usine prévue aux États-Unis
Aux États-Unis, Newcleo s’est trouvé un partenaire de poids : Oklo. La start-up américaine, financée en partie par Sam Altmann, le patron d’OpenAI, fait partie des cinq sociétés retenues pour accéder au stock américain de plutonium. Dans ce partenariat, c’est Newcleo qui se chargera de construire l’usine de retraitement, pour un budget d’environ 2 milliards de dollars.
En France, le développement de Newcleo semble plus compliqué. Auditionnée fin avril pour décrocher un nouveau soutien dans le cadre de France 2030, Newcleo ne serait pas retenu, d’après une information de "La Tribune". Le dirigeant de Newcleo, Stefano Buono, a pourtant toujours insisté sur la nécessité du soutien public pour continuer à investir en France.