Électrifier la France pour réduire la dépendance de notre pays aux hydrocarbures importés dans le contexte actuel de la flambée des prix du pétrole. C’est l’ambition du président de la République qui a réuni mardi 26 mai 2026 à l’Élysée des acteurs du monde économique rebaptisés "l’équipe de France de l’électrification". Emmanuel Macron a accueilli quelque 200 dirigeants d’entreprise et représentants des secteurs du BTP, de l’industrie, des transports, de l’énergie, pour cet exercice de communication visant à valoriser les initiatives annoncées en faveur de la mobilité électrique et de l’électrification de l’économie.
Souveraineté énergétique
Un mois après la publication du plan gouvernemental d’électrification des usages (22 mesures pour doper la consommation d’électricité en France), Emmanuel Macron monte à son tour au créneau dans un pays où le pétrole représente encore près de 60 % de l’énergie consommée, avec l’ambition de réduire ce ratio à 30 % en 2035. Et ce, alors même que la France bénéficie d’une manne électrique à bas coût grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.
"Parler d’électrification, c’est parler d’indépendance, de décarbonation et d’emploi industriel" insiste le président de la République qui juge que notre pays a pour cela "de vrais atouts" avec plus de 95 % de l’électricité produite en France issue de sources bas-carbone. Or la France qui bénéficie de prix de gros de l’électricité inférieurs à ceux de la plupart des autres pays européens, a paradoxalement vu sa consommation électrique diminuer pour retrouver son niveau d’il y a vingt ans. L’électricité ne représente que 27 % de la consommation finale d’énergie du pays, contre environ 30 % en Chine et 50 % en Norvège. Et 17 % de la production française d’électricité est aujourd’hui exportée.
Un milliard d’euros investis par Stellantis
Illustration de cette mobilisation générale voulue par le chef de l’État, l’annonce d’un investissement de plus d’un milliard d’euros en France du groupe Stellantis pour produire une nouvelle génération de véhicules électriques à partir de 2029, notamment dans son usine de Mulhouse. Mais aussi la volonté de la grande distribution de muscler son effort d’électrification.
Leclerc veut étendre l’offre de bornes de recharge pour véhicules
Leclerc annonce, par exemple, vouloir développer son offre de bornes de recharge de véhicules électriques pour passer de 3 000 à 10 000 points de charge d’ici à 2030, et s’engage à investir 2,3 milliards d’euros pour la rénovation énergétique, et l’électrification de ses magasins et outils logistiques.
De son côté, le groupe Lidl France affirme vouloir consacrer plus de 65 millions d’euros au développement des infrastructures de recharge électrique (aujourd’hui 5 500 bornes électriques réparties sur 1 000 points de vente), au déploiement du photovoltaïque et à l’électrification de sa flotte automobile. Ce plan d’investissement comprend une enveloppe de 13,5 millions d’euros en 2026 investis dans les infrastructures de recharge électrique, auxquels s’ajouteront 26 millions d’euros investis dans le solaire et autant dans le déploiement de 3 700 véhicules électriques.
Leasing social pour les pompes à chaleur
Autre ligne de front, le remplacement des chaudières thermiques dans l’habitat par des pompes à chaleur (PAC) avec des aides publiques financées par les certificats d’économies d’énergie (CEE). Dans cette logique le producteur britannique de pompes à chaleur Octopus Energy, promet d’investir "jusqu’à 150 millions d’euros" dans une usine d’assemblage en France, si le marché répond à ses attentes, pour créer entre 500 et 1 000 emplois.
Le gouvernement table sur l’installation d’un million de PAC air-eau made in France par an d’ici à 2030 chez les particuliers, grâce en partie à un mécanisme de leasing social pour les ménages modestes, semblable à celui des voitures électriques.