Quarante bougies ! Le chantier naval vendéen Navalu fête ses quatre décennies d’existence cette semaine, avec toujours le même cap : la construction de bateaux en aluminium. L’entreprise, qui compte aujourd’hui 23 personnes et réalise 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, veut se démarquer des plus gros chantiers navals, capables de produire plusieurs bateaux en série. "Nous faisons 20 à 25 navires par an. La plupart mesurent entre 10 et 15 mètres. Nous pouvons monter jusqu’à 24 mètres maximum", détaille Aymeric Pelletier, ingénieur innovation de Navalu, et fils du directeur général Marc Pelletier, qui a pris les commandes en 2021. Adepte du sur-mesure, la PME cherche de plus en plus à se démarquer avec des bateaux à forte valeur ajoutée, avec notamment l’ajout de technologies spécifiques.
Maintenir l’activité dans un secteur instable
Par rapport à l’acier, les bateaux en aluminium développés historiquement par Navalu sont plus légers. "Les bateaux ont ainsi des cales moins profondes, et sont capables de naviguer avec un faible tirant d’eau", détaille Aymeric Pelletier. Mais l’argument ne suffit pas, ou plus, à porter le chantier. Si Navalu se repositionne vers le sur-mesure, ce n’est pas pour atteindre une croissance exponentielle, mais bien pour pérenniser son activité, dans un écosystème maritime aujourd’hui fragile et instable. Pour preuve, pas moins de cinq chantiers navals ont fermé ces derniers mois : Bagou Boats, Mouquet, Meta Yachts, Manche industrie marine, ainsi que les Chantiers navals Bernard, ont été placés en liquidation.
Un carnet de commandes plein jusqu’en février 2027
Pour éviter le même sort, Navalu mise sur des bateaux qui répondent à un rôle très précis. Parmi eux, on retrouve le Spered Skorf, un scaphandrier réalisé pour les besoins du site lorientais de Naval Group en 2025. Navalu a également travaillé sur plusieurs modèles destinés à ramasser les sargasses dans l’eau aux Antilles. À bord, la PME peut fournir des équipements électroniques, comme les GPS, plus performants. "On peut aussi travailler sur la carène, avec des aluminiums optimisés pour diminuer la consommation de carburant, ou encore sur le type d’hélices en fonction des besoins du navire", précise Aymeric Pelletier. Cette valeur ajoutée semble aujourd’hui payante puisque Navalu possède un carnet de commandes plein jusqu’en février 2027.
Les carburants alternatifs, une solution pas encore viable
Navalu se veut également ouvert au marché des carburants alternatifs, même si le marché reste encore limité. "Un bateau électrifié coûte entre deux et trois fois le prix de son équivalent thermique. Pour le biogaz ou l’hydrogène, cela peut être multiplié par dix. Et les frais d’utilisation ensuite ne sont pas moins élevés", ajoute de son côté Marc Pelletier. Si le marché n’est pas viable économiquement, cela n’empêche pas de premières commandes du secteur public, comme avec le Navibus, une navette fluviale à propulsion hydrogène qui complète les transports en commun à Nantes. "Nous avons également réalisé deux bateaux électriques, dont un pour la ville de Lorient", appuie le dirigeant. Si l’équation économique du secteur n’est donc pas encore résolue, Navalu se tient tout de même prêt à suivre les tendances et évolutions des quarante prochaines années.