Loire-Atlantique
"Nous avons encore 200 hectares aménageables pour accueillir des industriels"
Interview Loire-Atlantique # Maritime # Aménagement du territoire

Sophie Cochard directrice générale adjointe de Nantes Saint-Nazaire Port "Nous avons encore 200 hectares aménageables pour accueillir des industriels"

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Avec un foncier de 2 800 hectares sur l’ensemble de l’estuaire entre Saint-Nazaire et Nantes, le Grand port maritime en dédie environ la moitié aux industries. Actuellement, 200 hectares restent disponibles pour des entreprises intéressées. Cela peut être des sous-traitants aéronautiques, comme des experts de la logistique, ou encore des entreprises spécialisées dans les énergies décarbonées.

Nantes Saint-Nazaire Port a encore des hectares de disponible selon Sophie Cochard, directrice générale adjointe, entourée de Jean-Rémy Villageois, directeur (à gauche), et de Gaël Seyer, responsable du terminal multivrac — Photo : Benjamin Robert

Nantes Saint‐Nazaire Port possède un total de 2 800 hectares sur l’ensemble de l’estuaire de la Loire. Comment ces différents terrains sont-ils répartis ?

Environ 1 300 hectares sont consacrés aux espaces naturels, et 1 500 hectares sont des espaces pour les industriels. Il nous reste actuellement environ 200 hectares de fonciers aménageables et disponibles. Nantes Saint-Nazaire Port reste toujours propriétaire des terrains, et signe des autorisations d’occupation temporaire du domaine public (AOT) avec les industriels.

Cela peut être dans de nombreux domaines. Nous discutons par exemple avec Airbus ou Naval Group pour savoir si certains de leurs sous-traitants seraient intéressés. Nous prospectons aussi auprès d’industries génératrices d’emplois. C’est le cas du groupe SF (40 M€ de CA, 300 salariés). Ce logisticien a remporté l’appel à manifestation d’intérêt pour l’implantation d’un entrepôt frigorifié. Son installation est prévue pour 2028 à Montoir-de-Bretagne, près du terminal à marchandises. Nous ciblons aussi particulièrement les nouvelles industries, notamment dans le secteur de l’énergie.

En termes d’énergie justement : environ 70 % du trafic du port repose aujourd’hui sur les énergies fossiles, pétrole et gaz. Comment l’estuaire peut-il entamer sa transition ?

Il y a de nombreux projets structurants qui sont en cours en ce sens. Je pense notamment à GOCO2 (construction d’un pipeline de près de 375 kilomètres à travers la région pour relier les cimenteries jusqu’au port de Saint-Nazaire, NDLR). Ce dernier amènerait un flux important de CO2, ce qui permettrait de rééquilibrer la balance. Il y a d’autres projets d’envergure dans le secteur énergétique, comme Take Kair, qui vise à produire du e-kérosène pour l’aviation. Il y a également un site prévu pour les entreprises Lhyfe et Elyse Energy, qui se penchent ensemble sur la production de méthanol, cette fois-ci pour le transport maritime.

D’ici combien d’années le port pourra voir la part des énergies fossiles dans son trafic réellement diminuer ?

Il est difficile de donner des chiffres et de se projeter, mais l’objectif est de continuer d’implanter des industries liées aux nouvelles énergies. Pour ce faire, il y a des projets à long terme, comme ceux cités précédemment. Mais il est essentiel de porter des projets à plus court terme, reposant sur des technologies plus matures, et d’autres types de trafic. C’est le cas du cimentier F.Scott, qui va implanter une unité de stockage à Montoir-de-Bretagne. Il transportera 500 000 tonnes par an de ciment. Il y a également d’autres projets avec la Société des liants de l’Ouest (filiale de Vinci Construction), qui prévoit un site pour importer et stocker du bitume (le site devrait être mis en service fin 2027, NDLR).

Au-delà des énergies, y a-t-il d’autres axes stratégiques dans les années à venir pour le Port ?

Au sein de l’estuaire, le fleuve comme moyen de transports est sous-utilisé. Seulement une soixantaine de kilomètres séparent Nantes de Saint-Nazaire. La route est donc un moyen de transport souvent vu comme plus compétitif, et qui évite les ruptures dans la chaîne logistique. Mais il y a un réel enjeu à utiliser le fleuve pour disposer d’un transport plus décarboné, et désengorger l’axe routier. Pour cela, nous travaillons notamment avec la CCI, Nantes Métropole et la Carène. Il faut massifier l’offre et donc augmenter le nombre d’opérateurs sur la zone dans les années à venir.

Loire-Atlantique # Maritime # Industrie # Aménagement du territoire # Attractivité # Infrastructures # Made in France