La Société Coopérative du lamanage des ports de Marseille et du golfe de Fos (CA 2024 : 14,80 M€), qui fêtera ses 80 ans le mois prochain, passe ce cap en créant Portens. Un groupe employant 200 équivalents temps plein et représentant 25 millions d’euros de chiffre d’affaires dans lequel elle est associée à quatre entreprises dont elle est propriétaire à 100 % : Icard Maritime, Transrades, Navettes Provençales et Méditerranéenne de Services Maritimes (MSM). "Cela apporte une capacité d’investissement, même aux filiales de taille modeste, comme l’illustre l’acquisition d’Alcyon, nouveau bateau hybride d’Icard Maritime", explique Yohann Repiton, président de la Coopérative et de chacune de ses filiales depuis décembre 2025. Et de préciser que le navire de 143 places, qui vient remplacer un bateau thermique, a coûté 1,7 million d’euros. Une somme que la société (CA : env. 2 M€) n’aurait jamais pu mobiliser seule.
"Une bannière commune"
"L’idée n’est pas de créer une énième marque, ni une simple appellation commerciale", assure-t-il, même s’il est important de "faire connaître notre activité et de faciliter notre communication". L’objectif est davantage "d’avoir une bannière commune, de rassembler nos filiales sans faire disparaître leurs spécificités et de continuer à écrire une histoire". Créée en 1946, la Coopérative de lamanage des ports de Marseille et du golfe de Fos l’a longtemps imaginée seule.
Du lamanage aux navettes maritimes
Puis elle a lancé Méditerranéenne de Services Maritimes (MSM) en 2001 pour répondre aux besoins d’avitaillement sur rade et de transfert de personnel, et Transrades en 2012. Ce dernier a été fondé avec le transporteur de passagers Icard Maritime pour assurer les liaisons maritimes saisonnières de la RTM (Régie de transports marseillais), puis la desserte de l’île du Frioul à partir de 2019. Enfin, les Navettes Provençales ont suivi en 2021, pour proposer une ligne de ferry-boat électrique à Martigues. La Coopérative du lamanage a ensuite racheté Transrades en totalité en 2022, lors de l’acquisition d’Icard Maritime. Si 60 % de l’activité du groupe Portens est encore concentré dans le lamanage, les navettes maritimes et le transport de passagers ont progressivement pris de l’ampleur.
Harmonisation et inspiration
"Toutes nos sociétés partagent la même culture, le même ancrage local, les mêmes exigences, souligne Yohann Repiton. Mais la création de Portens va nous permettre d’harmoniser encore les pratiques, de mettre en place des process communs, notamment en matière de sécurité, de transférer des technologies. Il y avait déjà une porosité naturelle entre la maison mère et les filiales mais elle est désormais plus ancrée." Comme le ferry-boat électrique de Martigues a pu servir de "laboratoire" pour tendre vers une hybridation d’un deuxième navire d’Icard Maritime desservant le Parc national des Calanques (le troisième suivra en 2027), ces expériences ont inspiré un projet de vedette de lamanage elle aussi électrique, pour les terminaux de croisière. Et aboutiront peut-être, d’ici le renouvellement des marchés de la RTM en 2030, à l’acquisition d’autres bateaux hybrides. Grâce à la force du groupe qui vient d’être créé.