Après le départ de Stellantis, Forvia et Michelin soudés pour relancer Symbio
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Après le départ de Stellantis, Forvia et Michelin soudés pour relancer Symbio

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Seuls maîtres à bord après la "défection" de Stellantis qui a quitté Symbio en juillet 2025, Michelin et Forvia précisent leur plan stratégique pour assurer des débouchés à leur gigafactory de piles à combustible. En ligne de mire, le développement d’applications pour électrifier la mobilité lourde (flottes et stations de recharge), les data centers et l’industrie.

Jean-Baptiste Lucas, président de Symbio "Nous sommes déterminés à poursuivre notre aventure industrielle avec nos solutions de pile à hydrogène pour alimenter les mobilités décarbonées et les applications stationnaires" — Photo : DR

C’est une nouvelle feuille de route qui s’annonce pour maintenir à flot Symbio, la deeptech lyonnaise de la pile à combustible à hydrogène, rudement secouée par le départ en avril 2026 de son ex-actionnaire, le constructeur automobile Stellantis. Un actionnaire doublé d’un client qui devait lui procurer 80 % de son carnet de commandes. Exit donc le focus sur les applications de mobilité pure avec le développement des équipements stationnaires à hydrogène (installations industrielles, stations de recharge pour véhicules, etc.), avec le projet de développer des solutions produit service intégrées.

Décarboner l’industrie et les poids lourds

"Les soutiens renouvelés de Forvia, Michelin et de l’État constituent un nouveau départ pour Symbio, avec une feuille de route à la fois ambitieuse et réaliste", commente Jean-Baptiste Lucas, président de Symbio (640 salariés dont 590 en France ; 12,80 M€ de CA et près de 104 millions de pertes en 2024). Nous sommes déterminés à poursuivre notre aventure industrielle avec nos solutions de pile à hydrogène pour alimenter les mobilités décarbonées et les applications stationnaires". Un projet qui sera mené avec seulement un tiers des effectifs (environ 175 personnes) puisque Symbio (640 salariés à son apogée) est en plein plan social. Pour la seule gigafactory de Saint-Fons, 350 postes seront supprimés.

"Nous poursuivons notre aventure industrielle avec nos solutions de pile à hydrogène pour alimenter les mobilités décarbonées et les applications stationnaires"

350 départs prévus pour l’usine Symbio de Saint-Fons (Rhône) — Photo : PHOTEC PRODUCTION - PHOTEC PRODUCTION - Guillaume DR

En détail, l’entreprise basée à Saint-Fons, dans la métropole de Lyon, poursuit l’industrialisation d’une pile à hydrogène de 75 kW "polyvalente", adaptée au stationnaire et à la mobilité. Une technologie déjà utilisée sur route pour motoriser des autocars en France et des poids lourds aux États-Unis mais aussi en test à grande échelle pour l’alimentation électrique de data centers.

En parallèle, sera développée une nouvelle génération de pile à hydrogène de 150 kW. Cette technologie, qui fait l’objet de 29 brevets, vise à répondre aux enjeux de décarbonation et de pilotage de l’alimentation électrique des infrastructures énergétiques à forte puissance (en relais des installations électriques pour approvisionner des stations de recharge électriques ou pour subvenir aux besoins des sites industriels subissant des pics de consommation électriques, NDLR) et du transport longue distance par poids lourd à l’horizon 2030.

Vendre de l’expertise pour la transition

Enfin, pour amorcer la pompe à commandes Symbio veut accompagner "les pionniers de la transition hydrogène électrique", ses futurs clients, en leur proposant des solutions produit service intégrées. "Nous allons proposer à des industriels, constructeurs et exploitants de flottes de camions des études pour évaluer leurs besoins, concevoir et dimensionner leurs équipements, intégrer les solutions et les maintenir", détaille Nadezhda Sotirova, responsable communication de Symbio.

Porté par 600 millions d’euros d’investissement, Symbio développe et industrialise des systèmes de piles à hydrogène pour électrifier les mobilités et les applications stationnaires. Le groupe opère depuis sa gigafactory de Saint-Fons (Rhône), le plus grand site intégré de production de piles à hydrogène en Europe, ainsi qu’aux États-Unis depuis son site de Temecula (Californie), dédié à l’assemblage de véhicules lourds à hydrogène (camions, utilitaires) et à la production de systèmes complets de piles à combustible.

Le cœur de la technologie de la pile à combustible réside dans le "stack" où de l’hydrogène réagit avec l’oxygène présent dans l’air ambiant afin de générer de l’électricité — Photo : essensestudio

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