Le coup est rude pour Symbio. Deux semaines après l’annonce, sans préavis, de Stellantis de stopper ses programmes de véhicules utilitaires à hydrogène, le fabricant de piles à combustible installé à Saint-Fons au sud de Lyon encaisse le choc. Son nouveau CEO, Jean-Baptiste Lucas, arrivé aux commandes le 10 juillet, dénonce " un revirement stratégique soudain " et appelle à une " mobilisation totale " pour préserver les 640 emplois et garantir la survie d’une filière hydrogène française aujourd’hui " fragilisée ".
L’industriel avait structuré sa montée en puissance autour des besoins du constructeur automobile, notamment à travers le programme Step2, basé sur des systèmes de 40 kW, déjà en cours de montée en cadence dans sa gigafactory SymphonHy, la plus grande d’Europe. Le retrait de Stellantis provoque l’arrêt immédiat de ces projets, avec un risque social majeur. Symbio emploie 590 salariés en France et 50 à l'étranger.
Indemnisation pour rupture de contrat
Symbio demande au groupe automobile d’assumer ses responsabilités contractuelles, y compris par des indemnisations, et cherche des solutions de diversification pour redéployer ses ressources. En ligne de mire : l’accélération de la pile 75 kW pour bus, autocars et data centers, et à horizon 2028, le lancement de systèmes plus puissants pour les poids lourds.
Malgré la tempête, l’entreprise conserve son ambition : faire émerger un champion technologique européen de l’hydrogène." C’est le moment pour nous tous de définir un cap à long terme et de renouer avec notre leadership. Il en va de la souveraineté industrielle européenne ", déclare Jean-Baptiste Lucas pour appuyer sa vision.