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Renault Trucks branche ses sites de Saint-Priest et Vénissieux au réseau de chaleur métropolitain lyonnais
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Renault Trucks branche ses sites de Saint-Priest et Vénissieux au réseau de chaleur métropolitain lyonnais

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Les sites historiques de Renault Trucks au sud-est de Lyon viennent d’être raccordés au réseau de chaleur Centre Métropole, opéré par Dalkia pour le compte de la Métropole de Lyon. Un projet emblématique de la transition énergétique industrielle, qui permet au constructeur de substituer les énergies fossiles par une chaleur majoritairement renouvelable et de sécuriser ses besoins thermiques.

Simon Vedie, chef de projet et energy manager chez Volvo Group, maison mère de Renault Trucks — Photo : Renault Trucks

Le réseau de chaleur urbain poursuit sa progression vers l’est lyonnais. Dernier exemple en date : le raccordement des sites Renault Trucks de Saint-Priest et Vénissieux (4 300 salariés hors intérimaires) au réseau Centre Métropole, géré par la Métropole de Lyon et exploité par Dalkia via la société dédiée ELM. Mis en service début 2026, ce branchement illustre l’intérêt croissant des acteurs économiques pour une énergie locale, décarbonée et compétitive.

Émissions de CO2 divisées par deux

Pour Renault Trucks, l’enjeu était double. Le constructeur a choisi de centraliser son système de chauffage interne jusqu’alors alimenté par 7 chaufferies au gaz naturel tout en s’appuyant sur une infrastructure publique mutualisée. Avec l’objectif de diminuer l’empreinte carbone de ses deux sites métropolitains, à Saint-Priest (siège et R & D) et Vénissieux (site industriel) de la filiale du groupe Volvo. Les émissions de CO2 ont été divisées par deux depuis 2019. La chaleur fatale (récupérée dans les process de production) génère moins de 20 grammes de CO2 par kWh versus plus de 200 grammes pour une énergie fossile. La facture d’énergie, elle, a peu bougé, en baisse de 3 %

En 2026, 68 % de l’énergie consommée par les sites proviendra de chaleur de récupération et renouvelable, dont 54 % d’électricité issue de barrages hydroélectriques. La part du gaz naturel est elle passée de 42 % en 2019 à 32 % en 2026. "En termes d’utilisation, 85 % sont dédiés au chauffage des bâtiments (85 000 m2 raccordés à ce jour) et 15 % aux process industriels. En 2030, les 120 000 m2 du site devraient bénéficier de cette énergie décarbonée", détaille Simon Vedie, chef de projet et energy manager chez Volvo Group, maison mère de Renault Trucks.

Un investissement de 5 millions d’euros

"Nous avons investi 5 millions d’euros pour ce projet de double réseau démarré en 2019, dont 629 000 euros pour le droit de raccordement à l’infrastructure métropolitaine", ajoute le chef de projet. Le projet spécifique de Renault Trucks représente en plus un investissement de 2,1 millions d’euros, porté par le délégataire Dalkia et la société ELM.

Ce raccordement s’inscrit dans un chantier d’envergure piloté par la Métropole de Lyon. Seize kilomètres de nouvelles canalisations ont été créés depuis la sous-station du Puisoz (Vénissieux) afin d’acheminer la chaleur vers le secteur de Saint-Priest, pour un investissement de 36 millions d’euros, soutenu par l’Ademe. À terme, cette extension permettra de couvrir une puissance équivalente aux besoins de 3 700 logements, en plus des sites industriels raccordés.

Au-delà du cas Renault Trucks, la Métropole de Lyon veut encore accélérer la décarbonation de son tissu industriel grâce aux réseaux de chaleur. Le réseau Centre Métropole vise un taux de 74 % d’énergies renouvelables et de récupération d’ici 2027, avec à la clé une réduction estimée à près de 50 000 tonnes de CO₂ par an.

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