Renault Trucks branche sa logistique lourde… sous tension électrique. Un an après avoir décarboné le transport des essieux entre Lyon et Bourg-en-Bresse, le constructeur de camions (9 400 salariés dans le monde, CA : N.C.) convertit quasi intégralement en électrique le corridor logistique reliant ses sites industriels de Blainville-sur-Orne (Calvados), Bourg-en-Bresse (Ain) et Lyon (Rhône). Un axe stratégique, au cœur de son organisation industrielle, qui fonctionne en flux tendus.
Sur cet itinéraire, les cabines produites en Normandie, sont acheminées vers Bourg-en-Bresse pour l’assemblage final. Dans l’autre sens, moteurs et essieux fabriqués dans les usines lyonnaises de Saint-Priest et Vénissieux remontent vers Blainville pour équiper les camions de la gamme intermédiaire. Désormais, ces flux critiques sont assurés par des poids lourds 100 % électriques, sans rupture de cadence pour les lignes d’assemblage.
22 camions, des relais et une logistique millimétrée
Pour opérer ce corridor décarboné, Renault Trucks s’appuie sur une flotte de 22 Renault Trucks E-Tech T, exploitée par le groupe de transport Malherbe (plus de 430 M€ de CA, plus de 2 500 salariés), basé à Rots (Calvados). Onze véhicules circulent sur une boucle nord, entre Blainville, Vironvay et Auxerre, et onze autres sur une boucle sud reliant Auxerre, Mâcon, Bourg-en-Bresse et Lyon. Grâce à une organisation en relais – échange de tracteurs, de conducteurs et de remorques – chaque camion parcourt jusqu’à 810 km par jour sur la boucle nord et 704 km sur la boucle sud.
Les batteries sont rechargées à chaque étape pendant les pauses réglementaires des conducteurs. Pour sécuriser le dispositif, Malherbe a investi dans ses propres stations de recharge sur les points clés du corridor. En 2026, l’entreprise normande comptera 8 stations de recharges dédiées aux poids lourds (50 bornes) et 50 camions électriques permettant ainsi de diminuer de plus de 4 000 tonnes ses émissions de CO2.
Démonstrateur industriel et climatique
Au-delà de la performance logistique, ce corridor électrique fait figure de démonstrateur à grande échelle. Renault Trucks y valide la fiabilité et la maturité de son offre électrique sur de longues distances, dans des conditions industrielles exigeantes. À la clé, une réduction annuelle estimée à près de 2 900 tonnes de CO₂. Pour Malherbe, l’opération s’inscrit dans un objectif plus large : réduire de 42 % les émissions de sa flotte d’ici 2030.