Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) va se pourvoir en cassation quelques jours après la validation par la cour administrative d’appel de Nancy du Permis Exclusif de Recherche (PER) autorisant Vulcan Énergie France, filiale française du groupe minier australien Vulcan Energy, à rechercher du lithium dans le sous-sol haut-rhinois. La collectivité, regroupant 39 communes pour plus de 275 000 habitants, avait déposé deux recours aux permis, octroyés en 2024 par l’État français, pour la prospection de lithium ainsi que de gisements de géothermie pour une durée de cinq ans dans un périmètre de 463 km2 autour de Mulhouse. D’autres recours avaient aussi été formulés par plusieurs communes au motif d’une procédure bâclée.
Dans ses attendus, rendus la semaine dernière, la cour administrative d’appel de Nancy avait annulé le permis en faveur d’exploration de gîtes géothermiques dans le Haut-Rhin mais validé celui concernant l’extraction de lithium.
L’Alsace du nord déjà secouée par la géothermie profonde
Une décision qui ne convient pas à m2A. La collectivité dénonçant toujours "des insuffisances en termes de publication et de concertation" quant à ce projet qui doit bénéficier au constructeur automobile Stellantis dans le cadre de la production de batteries de véhicules électriques, grâce au lithium, et de sa stratégie de décarbonation via la géothermie. Un sujet sensible en Alsace depuis l’arrêt des travaux menés par l’entreprise Fonroche Géothermie à Vendenheim (GéoVen) par la préfecture du Bas-Rhin en 2020. Ceux-ci avaient d’ailleurs occasionné plusieurs épisodes sismiques, souvent nocturnes et ressentis jusqu’à Strasbourg. Depuis, de nouveaux projets d’extraction ont vu le jour en Alsace du nord, notamment portés par Électricité de Strasbourg et le groupe minier Eramet, mais ceux-ci se heurtent régulièrement à l’opposition des habitants des communes limitrophes.
La collectivité haut-rhinoise dénonce "un manque de concertation"
Nul doute que ce contexte bas-rhinois ait incité Mulhouse Alsace Agglomération à se prémunir en vue de préserver une "paix des ménages" entre le site de production mulhousien de Stellantis (4 800 collaborateurs ; 3,470 Md€ de CA en 2024) et ses administrés. "Depuis l’origine de ce dossier, l’Agglomération et ses communes ont à cœur d’être concertées et respectées dans toutes les démarches engagées, afin de limiter les risques encourus, et de soutenir l’entreprise Stellantis Mulhouse dans sa démarche de décarbonation, importante pour la compétitivité du site", communique la collectivité.
"S’agissant du soutien à Stellantis Mulhouse, l’Agglomération entend poursuivre les démarches visant à décarboner le site, à la fois par le biais du réseau de chaleur de m2A, mais aussi par des réflexions à mener pour un projet de géothermie cohérent et concerté", fait savoir la collectivité territoriale par voie de communiqué.
En 2023, Vulcan et Stellantis avaient lancé un projet commun de développement de l’énergie géothermique renouvelable pour alimenter le site de Mulhouse où sont notamment fabriqués la DS 7, les Peugeot 308 et e-308, 508 et la 408. Ils avaient également lancé un projet de prospection qui comprenait l’extraction de lithium.