Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et le ralentissement économique, l’attractivité française marque le pas. Selon le baromètre EY de l’attractivité publié ce 21 mai, la France a enregistré 852 projets d’investissements étrangers en 2025, soit une baisse de 17 % sur un an. Mais l’Auvergne-Rhône-Alpes parvient à limiter la casse et confirme son statut de locomotive économique régionale. Avec 137 projets recensés en 2025, elle reste ainsi la deuxième région française la plus attractive derrière l’Île-de-France. Surtout, le recul y est moins prononcé qu’au niveau national : -6 % contre -17 % pour l’ensemble du pays.
Boom des créations d’emplois
La région fait même quasiment jeu égal avec l’Île-de-France en matière d’emplois créés. "L’emploi est la bonne nouvelle de cette étude pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui talonne l’Ile de France en la matière", commente ainsi Fabrice Reynaud, associé à Lyon chez EY. Les investissements étrangers ont ainsi généré 5 332 emplois en Auvergne-Rhône-Alpes l’an dernier, contre 5 492 en région parisienne.
Une progression spectaculaire de 111 % sur un an, alors que les créations d’emplois liées aux IDE reculent de 22 % à l’échelle nationale. "Cette progression s’explique surtout par quelques très gros projets, comme celui du nouveau centre logistique Amazon à Lyon Saint-Exupéry, qui devrait entraîner la création de 3000 postes, ou encore l’ouverture de la filiale de l’éditeur belge Odoo à Lyon", poursuit l’associé. L’italien Iveco Bus a également annoncé la création de 430 emplois supplémentaires à Annonay (Ardèche) autour de sa future génération d’autobus et de batteries électriques.
Une majorité de projets industriels
L’Auvergne-Rhône-Alpes conserve également sa première place nationale pour les projets industriels, avec 63 implantations ou extensions recensées en 2025, devant le Grand Est (Nord). Même si ces projets industriels reculent encore (-20 % par rapport à la moyenne 2022-2024), la région continue de s’appuyer sur ses filières historiques : équipements industriels, électronique, plateformes chimiques, pharmacie ou encore énergie. Toutefois, "la majorité des projets industriels en AURA sont des extensions de sites, ce qui montre que la région parvient à fidéliser les investisseurs étrangers mais a un peu plus de mal à en attirer de nouveaux", tempère Fabrice Reynaud.
La métropole de Lyon vitrine du territoire
Autre enseignement de cette étude : l’attractivité régionale dépasse largement la seule métropole lyonnaise. Certes, le Rhône concentre 37 % des projets et près de 70 % des emplois créés. Mais plusieurs territoires de taille intermédiaire profitent aussi de cette dynamique, à l’image de Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme), où l’entreprise danoise Rockwool a annoncé un investissement de 100 millions d’euros ou Riom (Puy-de-Dôme), où Kingspan a dévoilé un investissement de 94 millions pour transformer une ancienne friche industrielle en site phare de Bacacier.
La métropole de Lyon reste toutefois la vitrine internationale du territoire. Avec 40 projets d’investissements étrangers recensés en 2025, elle attire davantage d’IDE que toute autre métropole régionale française. Dans l’enquête menée par EY auprès de 200 dirigeants internationaux, Lyon arrive d’ailleurs en tête des métropoles régionales jugées les plus attractives pour les trois prochaines années, devant Marseille et Toulouse. "Les décideurs interrogés ont mis en avant la richesse de l’écosystème industriel et de R & D, la qualité des infrastructures et la disponibilité des compétences", avance Fabrice Reynaud.
Première région industrielle à l’échelle européenne
À l’échelle européenne enfin, l’Auvergne-Rhône-Alpes confirme son rang de grande région industrielle. Avec 137 projets accueillis en 2025, elle se classe au quatrième rang européen, derrière le Grand Londres, l’Île-de-France et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, devant des territoires comme la Bavière ou les Flandres. Un signal de résilience dans une Europe où les investissements étrangers ont globalement reculé de 7 % l’an dernier. "L’Auvergne Rhône Alpes conserve son rang et son attractivité, au-delà de son poids dans le PIB européen", termine Fabrice Reynaud.