Impatient. Amazon n’a pas attendu le traditionnel sommet Choose France orchestré par l’Élysée, qui se tiendra cette année le 1er juin à Versailles, pour faire part de ses projets d’investissements en France. Dans un communiqué, le géant américain du e-commerce dévoile ce mercredi 6 mai son intention d’investir 15 milliards d’euros dans l’Hexagone d’ici à 2028. À la clé, la création de 7 000 emplois dans le pays.
Le plus gros investissement annoncé par Amazon en France
"C’est notre engagement le plus important en France depuis plus de 25 ans et c’est la preuve tangible de notre confiance dans l’avenir économique et technologique du pays", commente dans un communiqué Jean-Baptiste Thomas, directeur général d’Amazon en France.
La somme est astronomique. Elle est à l’image de la puissance de feu d’un groupe qui emploie 25 000 salariés en France et dont le site internet attire 42 millions de visiteurs uniques chaque mois. Ce qui en fait le premier site d’e-commerce de France, selon le baromètre de la Fevad du quatrième trimestre 2025. Mais cela reste bien difficile de comprendre ce que ces 15 milliards d’euros recouvrent réellement.
Amazon indique qu’une partie de la somme va permettre la construction de nouveaux sites logistiques en France, le groupe faisant part de quatre projets. Rien de nouveau à vrai dire : la totalité des projets a déjà été dévoilée par le passé.
Des centres de distribution dans le Rhône et l’Ain en juin
Au mois de juin, le groupe d’e-commerce ouvrira un centre de distribution à Colombier-Saugnieu (Rhône). La construction de cet entrepôt de 60 000 m² nécessite un investissement de 200 millions d’euros et génère plus de 3 000 créations de postes. En Auvergne-Rhône-Alpes où il emploie 1 500 salariés, le groupe ouvre aussi en juin une agence de livraison à La Boisse (Ain), avec à la clé 50 emplois.
Des entrepôts dans l’Oise et en Eure-et-Loir en septembre 2026
La firme de Jeff Bezos ouvrira en septembre 2026 un centre de distribution à Beauvais (Oise). Nécessitant un investissement de 200 millions d’euros, ce site logistique est le huitième du groupe dans les Hauts-de-France, région dans laquelle Amazon emploie 6 900 salariés. Robotisé, l’entrepôt générera 1 000 emplois en CDI. Le groupe américain lance mi-juin sa campagne de recrutements en partenariat avec la Maison de l’Emploi et de la Formation du Grand Beauvaisis et de France Travail.
À la rentrée également, un autre centre de distribution verra le jour à Illiers-Combray (Eure-et-Loir). Ce nouveau site, qui représente un investissement de plus de 150 millions d’euros pour sa construction, génèrera la création de 1 000 emplois en CDI. Les recrutements commenceront, tout comme dans l’Oise, en juin.
Un centre de distribution XXL d’Amazon en Alsace en 2027
Il faudra ensuite attendre la fin 2027 pour la mise en route d’un nouvel investissement. À Ensisheim (Haut-Rhin), le groupe donnera naissance à un centre de distribution s’étendant sur un site de 19 hectares, ce qui en ferait l’un des plus grands du groupe en Europe. L’investissement de 250 millions d’euros s’accompagnerait de 2 000 créations d’emplois. Dans la région Grand Est, Amazon compte 4 000 collaborateurs à ce jour.
35 sites logistiques en France
Ces projets logistiques vont permettre à Amazon de densifier son maillage logistique, constitué de 35 sites en France. En rapprochant les stocks des consommateurs et en renforçant ses capacités logistiques, le groupe américain compte réduire ses temps de livraisons et offrir une sélection de produits plus vaste. Il compte aussi de cette façon réduire son empreinte environnementale, rappelant son ambition d’atteindre le zéro émission nette carbone d’ici 2040.
Un chiffre astronomique et une foule de questions
Pour autant, les comptes n’y sont pas. Les montants investis dans les quatre centres logistiques se montent à 800 millions d’euros. Auxquels s’ajoutent 7 000 recrutements certes. Mais on est loin des 15 milliards d’euros d’investissement annoncés.
Le communiqué du groupe est on ne peut plus flou, mêlant à la fois de l’investissement et des dépenses d’exploitation : "Ces investissements couvrent les dépenses d’infrastructure et d’exploitation, notamment la construction de nouveaux sites logistiques, des investissements dans notre réseau existant, ainsi que le développement de nos capacités cloud et IA en France."
Faut-il inclure dans ces 15 milliards les salaires des futures recrues ? De l’ensemble des 25 000 employés du groupe en France ? Du plan de formation des salariés (50 M€ annoncés en France d’ici à 2030) ? Faut-il y ajouter les impôts versés par le groupe américain en France, Jean-Baptiste Thomas évoquant ce mercredi sur RTL une contribution fiscale de 900 millions d’euros ? Le groupe va-t-il dévoiler dans les prochains mois de nouveaux investissements dans des technologies cloud et IA, dont les montants peuvent être conséquents ? Ou faut-il comprendre que ces 15 milliards d’euros recouvrent l’ensemble des dépenses d’Amazon en France entre 2026 et 2028 ?
À ces questions, nous n’avons malheureusement aucune réponse à apporter. Contacté, le groupe américain refuse d’en dire plus, se bornant à renvoyer à son communiqué.