Pour une personne en fauteuil roulant, traverser une ville peut vite se transformer en parcours du combattant. Trottoirs impraticables, ascenseurs hors service, absence d’informations fiables sur l’accessibilité des trajets : autant de difficultés qui compliquent les déplacements quotidiens des personnes à mobilité réduite. C’est pour répondre à ces enjeux que la start-up grenobloise Andyamo a été créée en 2019. La jeune pousse, qui compte aujourd’hui huit salariés, développe une solution de guidage destinée à identifier les itinéraires les plus accessibles en ville.
Après plusieurs déploiements, notamment à Marseille et Lyon, l’entreprise s’apprête à lancer sa solution à Vichy le 20 mai prochain. Elle vient également d’être retenue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Cluster Montagne parmi les "innovations et solutions au service des JO 2030".
Un accès gratuit pour les utilisateurs
À l’origine du projet, une histoire personnelle. "J’ai créé l’entreprise avec mon ami Marc Petitto, devenu tétraplégique après un grave accident de ski. Sa vie quotidienne était devenue un véritable casse-tête", raconte Sébastien Guillon, président et cofondateur d’Andyamo. Le dirigeant défend un principe simple : maintenir un accès gratuit pour les utilisateurs. "La vie des personnes à mobilité réduite est déjà assez compliquée comme cela pour leur demander de payer afin de s’orienter", estime-t-il.
Le modèle économique repose donc sur les collectivités et les opérateurs de transport, qui financent le déploiement des solutions. La start-up est actuellement en discussion avec RATP Dev. "Si nous signons, 40 territoires deviendraient accessibles d’un coup aux personnes à mobilité réduite", avance Sébastien Guillon. L’entreprise a également bénéficié du soutien de la Fondation Michelin et de la Toyota Mobility Foundation lors du développement de son application à Marseille pendant les Jeux olympiques de 2024.
Rentabilité depuis 2023
Rentable depuis trois ans, Andyamo revendique une croissance maîtrisée et reste détenue intégralement par ses deux fondateurs. Son activité se répartit aujourd’hui à parts égales entre le déploiement de l’application My Easy Access dans les villes et le développement destinés aux réseaux de transport.
La technologie développée par la start-up combine des données collectées sur le terrain — largeur des trottoirs, état des revêtements, présence de feux ou de pentes — avec les calculateurs d’itinéraires des opérateurs de transport. L’objectif : proposer des trajets adaptés selon le niveau de mobilité des utilisateurs.
Mais l’outil sert aussi aux collectivités. "Nous aidons les villes et les opérateurs à identifier les zones mal équipées afin de mieux orienter leurs investissements", explique Sébastien Guillon. Certaines infrastructures accessibles existent déjà, mais restent peu utilisées faute d’informations suffisantes.
La jeune pousse veut désormais accélérer son déploiement dans les métropoles françaises. Clermont-Ferrand et Bordeaux figurent notamment dans sa feuille de route pour 2027. En parallèle, Andyamo travaille déjà avec Tignes sur l’accessibilité des futurs événements liés aux Jeux paralympiques d’hiver de 2030.