C’est une solution innovante qui se situe entre le covoiturage et l’autostop. Lancée en 2021, la start-up Halt ô Stop a mis au point un service pour organiser le covoiturage spontané grâce à des points d’arrêt identifiés et du mobilier urbain dédié. L’entreprise vient tout juste de déployer 22 de ses panneaux dans le Périgord, après en avoir installé dans des villages du Massif de Sancy dans le Puy-de-Dôme ou encore au bord du Lac Léman, en Haute-Savoie.
C’est dans le cadre d’un projet de fin d’études, que Loan Momboisse, 24 ans, étudiant en droit, a esquissé cette idée d’un service pour dynamiser sa ville et faciliter la mobilité. "Plus jeune, je faisais régulièrement de l’autostop car je ratais mon bus pour aller au lycée. Et comme dans plein de petites communes rurales, il y avait peu de dessertes de transport", se rappelle le jeune dirigeant, habitant de Billom, petite commune de 4 500 habitants dans le Puy-de-Dôme.
Éviter l’autostop sauvage
Fort de cette expérience, il travaille son concept. Pour lui, le service doit passer par la création d’espaces dédiés et l’affichage des destinations. Il imagine alors avec la cofondatrice de l’entreprise, Méline Laurent, designeuse, des panneaux en bois équipés des plaques préremplies avec les noms des villes ou villages alentours. L’utilisateur peut alors simplement tourner ces plaques jusqu’à la destination de son choix et l’indiquer pour les automobilistes de passage. Le service est gratuit, en accès libre et sans inscription. Objectif : développer les connexions entre les communes, souvent rurales, et desservir les trajets du quotidien de courte ou moyenne distance.
"Nous étudions avec les collectivités les meilleurs emplacements. Cela permet de créer un cadre rassurant pour les utilisateurs, d’éviter l’autostop sauvage et cela encourage l’arrêt des automobilistes ", explique Loan Momboisse. Les élus aménagent, en effet, une place dédiée, derrière le panneau Halt ô Stop en retrait de la route. " Nous avons eu des personnes âgées qui, pour la première fois de leur vie, ont pris quelqu’un en autostop car ils ont été rassurés par la présence du panneau et la communication autour du service ", continue Loan Momboisse. La jeune entreprise de l’économie sociale et solidaire fabrique artisanalement ses panneaux dans son atelier en Auvergne.
À contre-courant des technologies numériques
À l’heure du développement des applications et des réseaux sociaux, la démarche peut étonner. Halt ô Stop revendique, au contraire, sa particularité low-tech. "Justement le but est de se couper du numérique. Beaucoup de personnes en ont marre d’avoir des tas d’applis. Et puis, avec cette démarche, nous nous adressons à tous les automobilistes et pas seulement ceux inscrits sur des réseaux. Halt ô Stop se base sur la spontanéité, la solidarité et l’entraide", souligne le jeune homme. Pour les collectivités, le coût comprend les études pour déterminer les trajets les plus fréquents et les emplacements idoines, la fabrication des panneaux et leur installation ainsi que la communication.
L’entreprise a enregistré 40 000 euros de chiffre d’affaires depuis le début de l’année, 150 000 depuis sa création. En attente après une demande de subvention auprès du Département, Halt ô Stop a recruté deux alternants afin de développer son activité et démarcher des collectivités. "Cela peut intéresser de nombreuses communes rurales en quête de solutions de mobilité. C’est un service léger, opérationnel très rapidement entre deux et quatre mois. L’enjeu, désormais, est de se faire connaître", souligne Loan Momboisse.