La société SICEF (Société d’Ingénierie, de Construction et d’Exploitation du Ferromobile), fondée en janvier 2018, prépare le premier pilote grandeur nature de son nouveau véhicule, la Ferromobile, contraction de ferroviaire et automobile. Trois véhicules, des Peugeot Traveller, électriques et autonomes de sept places capables de rouler sur rails, circuleront entre Courpière et Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme.
L’ambition est de proposer une solution nouvelle pour les problématiques de mobilité dans les territoires ruraux. Alors quoi de mieux que de tester ce transport à la demande dans le Livradois-Forez, vaste zone rurale de moyenne montagne située à l’est de l’Auvergne.
Des essais à vide et des tests avec passagers
Des tests seront réalisés à partir de septembre 2026 en conditions réelles sur 24 kilomètres de voies ferrées, destinées au transport public et inutilisées depuis les années 80. "Il y aura des essais à vide, puis des tests avec des passagers à bord. Cela devrait durer plus de six mois. Avec un objectif de compréhension de ce que veut la population et de ce qui plaît ou ne plaît pas aux usagers", précise Olivier Le Cornec, directeur général de Ferromobile en charge des technologies.
Commercialisation attendue en 2028
En attendant les autorisations des autorités, l’entreprise, présidée par l’ancien ministre Arnaud Montebourg, va présenter deux véhicules à la population locale mi-février. Des essais pour expliquer comment ce véhicule bimodal passe du rail à la route seront réalisés, ainsi que des démonstrations de conduite autonome sur le parking d’une gare. La société SICEF réalise aussi d’autres tests : pour la partie mécanique sur des rails du grand port maritime de Bordeaux et pour la conduite automatisée sur le circuit de Beltoise, en région parisienne. Elle vérifie aussi, depuis plus d’un an, la supervision à partir de cas d’usage.
"Il y a beaucoup de technologies pour remplir toute la sécurité ferroviaire et pouvoir animer ces véhicules. Le Livradois-Forez, c’est notre zone de démonstration et d’apprentissage. Quand on aura bien fait la mise au point par rapport à ce territoire, nous irons nous implanter dans des régions du Grand Est, en Haute-Loire ou autres", explique Olivier Le Cornec qui vise une commercialisation à horizon 2028 si tous les voyants sont au vert.
Un service public flexible, automatisé et décarboné
Le dirigeant en est certain : La Ferromobile peut réinventer la mobilité rurale en transformant l’avenir des petites lignes ferroviaires. Tout cela avec des coûts de remise en état des voies bien inférieurs à ce que nécessiterait le passage de TER. Avec l’objectif de proposer un "service public de mobilité flexible, automatisé et décarboné", indique l’entreprise.
"C’est une solution à étudier pour revitaliser cette ligne et notamment pour relier Ambert et Thiers. Aujourd’hui, nous avons des bus régionaux, mais c’est moins souple, on ne choisit pas les horaires. Les habitants pourraient se servir de Ferromobile pour aller travailler, faire leurs courses, se rendre chez le médecin… ", note Arnaud Provenchère, maire d’Olliergues et vice-président du Syndicat mixte ferroviaire du Livradois-Forez-Velay, propriétaire de la voie ferrée.
Ferromobile est lauréate du programme France 2030 et soutenue par l’ADEME (Agence de la transition écologique).