L’ancien dirigeant et fondateur de la société de résidences de vacances Vacancéole, Eric Journiat, se lance dans les sports de raquette. Avec Romuald Caillaud, rencontré lorsque ce dernier était directeur financier de Vacancéole, il vient d’ouvrir Pikkel, une salle de pickleball aux environs de Chambéry.
Ce jeu, qui se pratique à deux ou à quatre avec une balle en plastique creuse, est "extrêmement répandu aux États-Unis", selon Eric Journiat, et permet de "toucher une population beaucoup plus large que le padel, comme les jeunes familles ou les seniors". Là où le padel attire un public relativement sportif, le pickleball se veut plus accessible : il ne nécessite pas de compétences particulières et peut s’apprendre en une trentaine de minutes. "Il n’y a que sept salles en France", souligne l’entrepreneur, qui y voit un fort potentiel de marché, porté par l’essor des loisirs sportifs depuis la crise sanitaire.
Un modèle reproductible
Autre avantage par rapport au paddle : le coût d’entrée est moins important, notamment parce que les terrains de pickleball sont de plus petite taille. Les deux entrepreneurs ont ainsi investi à hauteur de 500 000 euros tout compris, pour le rachat d’un ancien local industriel de 2400 m² et son aménagement en 8 terrains.
L’équation économique repose sur le volume. "Si nous atteignons notre objectif de 5 000 joueurs par semaine, nous devrions atteindre l’équilibre en 2027", estime Eric Journiat, qui vise un Ebitda de 200 000 à 250 000 euros dès la deuxième année. Le tarif d’entrée, compris entre 6 et 10 euros selon les abonnements, inclut la location du matériel pour une session d’1 h 30. "Nous nous positionnons sur un prix équivalent à une sortie loisir grand public, comme le cinéma ou la patinoire", précise-t-il.
Trois clubs en gestion directe d’ici 2030
Le Pikkel proposera aussi un service de restauration rapide, un espace dédié au coworking et à l’événementiel et un coin boutique. "Tous ces services annexes devraient représenter 10 % du chiffre d’affaires", explique Eric Journiat. Qui vise un chiffre d’affaires annuel de 800 000 euros en vitesse de croisière, dont 600 000 euros liés aux entrées et la location du matériel.
Si le succès est au rendez-vous, l’entrepreneur devrait ouvrir un autre complexe en 2027, à Clermond Ferrand : "nous sommes déjà en négociations avec un bailleur sur place". Il vise l’ouverture de trois clubs à horion 2030 en gestion directe. Si le cap des 5 clubs est franchi, Pikkel pourrait passer à un modèle de développement sous forme de franchise.
"L’enjeu pour le moment est d’évangéliser les Français et de rendre le pickleball populaire", explique le dirigeant. Qui dit pouvoir compter sur la Fédération Française de Tennis, qui a officiellement intégré le pickleball dans ses statuts en 2024 et obtenu la délégation auprès du ministère des Sports. "Nous disposons d’un cadre pour accompagner le développement de ce sport. À nous maintenant de structurer le marché et de faire de Pikkel une marque forte et reconnue".