Le grenoblois Kercia (70 salariés ; 7 M€ de CA en 2023), spécialiste des solutions de vote électronique depuis 2007, change d’échelle. L’entreprise vise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dès cette année, puis 15 millions en 2027, avec une vingtaine de recrutements prévus. Une accélération portée à la fois par un calendrier électoral favorable… et par une stratégie de diversification.
Symbole de cette montée en puissance : Kercia vient d’emménager dans de nouveaux locaux de 800 m² à Meylan (Isère), près de trois fois plus grands que les précédents, pour accompagner sa croissance. "Dix recrutements sont en cours. Nous visons 90 salariés fin 2026 et 150 d’ici le prochain cycle d’élections CSE", explique son directeur général et associé, Victor Granger.
Une activité encore tirée par le cycle des CSE
Aujourd’hui, Kercia accompagne plus de 5 000 clients dans leurs élections professionnelles, parmi lesquels Schneider Electric, Décathlon, GL Events ou Eurodisney, mais aussi des acteurs locaux comme STMicroelectronics, King Jouet, Sopra Steria ou Verkor. À court terme, le marché devrait rester porteur : près de 70 % des entreprises françaises qui doivent organiser des élections CSE vont avoir leurs élections CSE en 2026 et 2027."
organiseront leurs élections CSE en 2026 et 2027.
Ce segment constitue encore un moteur de croissance. "Le vote électronique est désormais quasi la norme dans les entreprises de plus de 100 salariés. Mais il reste à conquérir le marché des TPE et PME", souligne Victor Granger. Ce segment représente encore que 10 % du chiffre d’affaires, mais offre un fort potentiel. "Notre solution dédiée aux petites structures monte en puissance. À terme, le vote électronique pourrait se généraliser", anticipe-t-il.
Diversifier pour lisser l’activité
Pour réduire sa dépendance au calendrier des CSE, Kercia élargit ses marchés. L’entreprise s’est notamment imposée dans la fonction publique territoriale et hospitalière. Elle a aussi remporté, en 2025, un appel d’offres national portant sur l’organisation des élections de parents d’élèves dans 200 établissements.
"Nos solutions couvrent des scrutins allant de quelques dizaines à plusieurs millions d’électeurs", souligne Victor Granger. La société a déjà organisé des élections de Français de l’étranger, de ministères ou encore de chambres de commerce. "Nous avons désormais la taille critique pour répondre à de grands marchés publics", ajoute-t-il.
Ce changement d’échelle s’appuie aussi sur son modèle économique. Kercia ne se limite pas à la vente d’un logiciel : l’entreprise propose une prestation complète, associant solution de vote et accompagnement par des chefs de projet. Elle s’appuie en parallèle sur des contrats-cadres pluriannuels avec de grands comptes, qui lui assurent une visibilité sur plusieurs années et sécurisent une part importante de son activité.
La sécurité comme levier commercial
Autre levier de croissance : la certification ISO 27001 obtenue cette année. "C’est un gage de réassurance pour nos clients", souligne le dirigeant. Elle a déjà permis à Kercia de remporter de nouveaux contrats, notamment dans le secteur des mutuelles et de l’assurance, où les exigences en matière de sécurité des données sont élevées.
Un positionnement qui ouvre à l’entreprise l’accès à des marchés plus sensibles… et contribue à soutenir sa trajectoire de croissance.