"Esaris et SCM s’unissent pour peser face aux géants de l’électronique et de l’électromécanique "
Interview # Défense # Fusion-acquisition

Bruno Russo président d’Esaris Industries "Esaris et SCM s’unissent pour peser face aux géants de l’électronique et de l’électromécanique "

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Après le rachat de la société sarthoise SCM, l’alsacien Esaris Industries franchit le cap des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie désormais près de 800 salariés. Spécialisé dans l’électromécanique, l’électronique et la connectique, le groupe entend changer d’échelle dans les secteurs de la Défense, de l’aéronautique et de l’énergie.

Bruno Russo est le président de l’UIMM Grand Est et le président de Esaris Industries — Photo : © UIMM Grand Est

Esaris Industries vient de franchir le cap des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires après le rapprochement avec la société SCM. Quel était l’objectif de cette opération de croissance externe ?

L’opération nous permet d’élargir notre offre tout en restant sur des métiers que nous maîtrisons. Le rapprochement avec SCM, finalisé fin 2025, s’inscrit dans une continuité stratégique. Esaris Industries, dont le siège est basé à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, est historiquement positionné sur l’électromécanique, l’électronique et la connectique. Nous concevons et fabriquons des systèmes d’interconnexion, des sous-ensembles électromécaniques et des cartes électroniques pour des secteurs exigeants.

SCM, basée à Allonnes, près du Mans, intervient sur des marchés très proches, avec une expertise reconnue dans la connectique pour l’énergie, notamment pour des applications sous-marines ou à forte contrainte. Avant l’opération, Esaris réalisait environ 70 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le rapprochement nous permet aujourd’hui de changer d’échelle, tout en renforçant la cohérence industrielle du groupe.

À quels secteurs adressez-vous aujourd’hui vos solutions ?

Nous travaillons pour l’aéronautique civile et militaire, la Défense, le ferroviaire, l’énergie, y compris les renouvelables, et plus largement tous les environnements dits sévères, c’est-à-dire soumis à de fortes contraintes mécaniques, thermiques ou vibratoires. Cela peut aller de composants embarqués dans des aéronefs à des systèmes de connexion pour des installations énergétiques ou des équipements militaires.

Ce rapprochement vise donc à changer de positionnement sur le marché ?

Oui. L’objectif est de bâtir une alternative industrielle française crédible face aux grands groupes internationaux de l’électronique et de la connectique, souvent américains ou asiatiques. Avec SCM, nous atteignons une taille critique qui nous permet de répondre à des commandes plus globales, en rang 1, là où nous intervenions auparavant davantage sur des lots ciblés. Nous pouvons désormais accompagner nos clients sur des périmètres plus larges et sur la durée.

Comment s’organise l’intégration industrielle entre les deux entités ?

L’intégration est progressive. Esaris compte aujourd’hui neuf sites, principalement en France, et emploie, avec SCM, près de 800 salariés. Certains leviers sont mutualisés, notamment sur l’usinage, avec un fort savoir-faire côté SCM, en Sarthe. D’autres activités restent pilotées séparément, afin de préserver l’agilité et les compétences spécifiques de chaque site. Nous privilégions une organisation industrielle spécialisée plutôt qu’une centralisation systématique.

La Défense représente déjà une part significative de votre activité.

Environ 29 % du chiffre d’affaires d’Esaris provient aujourd’hui de la Défense. C’est un socle historique, avec des contrats de long terme sur des programmes structurants comme le Rafale ou le Serval. SCM vient renforcer cette base, tout en contribuant à la diversification de notre offre et à notre capacité à proposer des solutions alternatives françaises sur ces marchés.

La lenteur de la commande publique est souvent pointée du doigt dans la Défense. Comment la gérez-vous ?

La commande publique est par nature longue, très normée et séquencée dans le temps. C’est une réalité connue du secteur. Cela impose d’anticiper fortement, d’investir en amont et de disposer d’une base industrielle suffisamment diversifiée pour absorber ces cycles. C’est précisément pour cela que nous ne dépendons pas exclusivement de la Défense et que nous développons en parallèle l’aéronautique civile, l’énergie et dans le domaine des environnements sévères.

Quelles sont vos priorités de développement à moyen terme ?

Nous voulons consolider notre position sur les systèmes électromécaniques et de connectique à forte valeur ajoutée, renforcer notre offre dans les environnements sévères et poursuivre le développement de solutions comme les rails électriques Mobilis. Notre stratégie reste celle d’une croissance maîtrisée, avec des intégrations progressives, pour garantir la rentabilité et la pérennité industrielle du groupe.

Sarthe Strasbourg # Défense # Électronique # Production et distribution d'énergie # Fusion-acquisition # ETI
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