Dans un contexte où les activités artisanales et industrielles sont progressivement repoussées vers les périphéries, Fabula Fabrika entend proposer une autre voie. Ce projet immobilier de 13 500 m² doit voir le jour à Villeurbanne. Il est porté par la Société Villeurbannaise d’Urbanisme (SVU), un acteur de l'économie mixte ayant pour ambition de constituer une offre immobilière, accessible en matière d'habitat et de développement économique, avec le promoteur Linkcity. "L’ambition vise à maintenir ou à faire revenir l’activité productive en cœur de ville", explique Joris Duquoc, directeur régional Auvergne-Rhône-Alpes de Linkcity (260 salariés), une filiale du groupe Bouygues qui envisage de déployer le projet dans d’autres métropoles.
Installé dans le quartier Grandclément, sur le site d'anciens entrepôts, ce modèle vertical innovant accueillera deux fois plus de surfaces qu'auparavant tout en réduisant son emprise foncière. Pensé par l'architecte lyonnais Face À Architecture et construit par Bouygues Bâtiment Sud-Est, le bâtiment superposera sur cinq niveaux ateliers, bureaux et espaces logistiques adaptés aux contraintes des artisans, PME industrielles ou entreprises à impact.
Une industrie compatible avec la ville
Le programme prévoit 9 500 m² d'activités et 4 000 m² de bureaux, avec des plateaux modulables de 200 à 1 400 m². Avec ses monte-charges capables de transporter jusqu’à quatre tonnes, ses quais de déchargement et ses grandes hauteurs, le projet pourra accueillir des usages industriels rarement compatibles avec des implantations urbaines denses.
Au-delà de l’enjeu économique, Fabula Fabrika revendique une dimension environnementale forte. Le projet s’inscrit dans une logique de sobriété foncière et de recyclage urbain, avec démolition sélective, réemploi de matériaux et désimperméabilisation des sols. L’opération vise les certifications BREEAM "Very Good" et BiodiverCity.
Implantations de Rutile, de Regus et de L'Atelier Emmaüs
La commercialisation est déjà engagée à près de 50 %. Parmi les premiers occupants figurent L’Atelier Emmaüs, qui développera ses activités de menuiserie d’insertion, Rutile, spécialisé dans le reconditionnement de vélos électriques, ainsi que Regus, qui y installera des espaces de travail flexibles.
Le chantier, démarré début 2026, doit mobiliser jusqu’à 60 compagnons au plus fort des travaux et générer 5 000 heures d’insertion. La livraison est prévue début 2028.