Le soutien de l’État avait déjà été clairement affiché lors de la visite sur place de l’ancien ministre en charge de l’Industrie, Marc Ferracci, en septembre dernier. Mais une étape supplémentaire est franchie. L’État va investir 50 millions d’euros dans le projet d’exploitation minière de lithium porté par l’entreprise parisienne Imerys, à Échassières dans l’Allier.
Le géant minier en a fait l’annonce ce mercredi 11 février. La finalisation de la transaction est prévue dans les prochains mois, précise le groupe. La Banque des Territoires, pour le compte de l’État, va entrer au capital du projet EMILI à travers l’acquisition d’une participation minoritaire dans le projet, participation "aux alentours de 30 % du capital".
700 000 voitures électriques par an
L’opération vise à sécuriser la suite du développement du projet, reconnu d’intérêt national majeur, notamment la phase d’études prévue début 2027. La mine doit pouvoir alimenter en lithium environ 700 000 véhicules électriques par an. "Enjeu géostratégique majeur de ce siècle, les métaux stratégiques et terres rares sont la condition de notre puissance énergétique et de notre souveraineté. J’en fais ma priorité", a précisé Roland Lescure, le ministre de l’Économie. L’État avait déjà assuré le groupe de son soutien financier avec un crédit d’impôt Industrie verte de l’ordre de "près 200 millions d’euros".
Recherche de partenaires financiers
"L’entrée de l’État au capital d’EMILI constitue une reconnaissance majeure du potentiel industriel et stratégique de notre projet", a réagi pour sa part Alessandro Dazza, directeur général d’Imerys (3,6 Md€ de CA en 2024 ; 12 400 salariés dans le monde). Cette prise participation vise aussi à "donner confiance à toutes les parties prenantes", alors qu’Imerys recherche toujours d’autres partenaires financiers pour l’exploitation. "On a toujours dit qu’on ne peut pas faire tout seul", a rappelé le dirigeant même s’il précise que tout cela sera à décider avec l’État. Ce gisement figure parmi les cinq plus grands gisements de lithium en roche dure au monde. Imerys avait réévalué, fin juillet, le coût total du projet à 1,8 milliard d’euros (contre 1 milliard) en raison de "l’inflation mais aussi d’investissements pour réduire les impacts environnementaux et sociaux ". L’entrée en fonction de la mine avait, elle, été décalée à 2030.