L’industrie reste encore un des secteurs le plus émetteur de CO2 en France, selon un rapport du Réseau action climat et de France nature environnement publié le 18 septembre. Avec 62,4 millions de tonnes de CO2 émises en 2024, elle est responsable de 16,9 % des émissions nationales. Cette pollution a légèrement baissé par rapport à 2023, à hauteur de -1,4 %. Un chiffre bien en deçà des 10,2 % de diminution entre 2023 et 2022. Selon le Réseau action climat, cette baisse est "liée avant tout au ralentissement de la production et non à des transformations structurelles des procédés".
Des hausses d’émissions dans les secteurs de la métallurgie et de la chimie
Le secteur de la métallurgie a même augmenté ses émissions de 1,6 % en 2024 après une chute de 18 % en 2023. Ce creux important a été "principalement causé par un contexte économique défavorable au secteur", rappelle le Réseau action climat. La chimie a également augmenté ses émissions, dans une moindre de mesure (+ 0,94 %).
Le secteur des minéraux et des matériaux de construction a diminué ses émissions de 5,9 %, en accord avec "une baisse de la production du secteur de 9 %", selon les auteurs du rapport.
Toutes les entreprises ne polluent pas dans les mêmes proportions. Parmi les entreprises les plus polluantes, on retrouve Arcelor Mittal et ses sites de Dunkerque (Hauts-de-France) et de Fos-sur-Mer. Mais aussi Naphtachimie à Lavéra (Région Sud) ou encore LyondellBasell à Berre.
Des obstacles à la décarbonation de l’industrie
Le Réseau action climat et France nature environnement estiment que le contexte économique est un "obstacle" à la décarbonation de l’industrie. À l’international, les stratégies nationales sont marquées par "une intensification des politiques industrielles concurrentes" telles que l’Inflation Reduction Act aux États-Unis et le plan "Made in China 2 025" en Chine. Face à cela, "les industriels européens peinent à rester compétitifs".
"À ces contraintes s’ajoutent une baisse de la demande en matériaux, liée au ralentissement des secteurs de la construction et de l’automobile en France, ainsi qu’un contexte de surcapacités mondiales, notamment dans l’acier et les produits chimiques", analysent les auteurs du rapport.
Plus de visibilité et de transparence nécessaires
Pour se lancer dans des investissements menant à la diminution des émissions de CO2, "les industriels ont besoin de visibilité sur la disponibilité et les prix de l’électricité à moyen terme" ainsi que la fin du "stop-and-go réglementaire" et du flou budgétaire.
Les auteurs du rapport recommandent un "pilotage transparent" du plan sur les 50 sites industriels les plus émetteurs et de faire la transparence sur les aides aux entreprises ainsi que de contractualiser le soutien public aux entreprises.
Selon ce rapport, l’ensemble de ces 50 sites industriels ont bénéficié de 181 millions d’euros d’aides sur une période allant de 2021 à 2032 pour investir dans l’économie circulaire, l’efficacité énergétique, le captage de CO2 ou encore la substitution des énergies fossiles.