Le consortium C4Capture, réunissant Fives (2,2 Md€ de CA, 9 200 salariés), Aluminium Dunkerque (750 collaborateurs, 800 M€ de CA), Trimet (1,9 Md€ de CA, 2 500 salariés), et Rio Tinto (44,9 Md€ de CA, 47 500 salariés) entre dans une phase décisive de son projet de captation du CO₂ appliqué à l’industrie de l’aluminium.
Réunis mi-janvier 2026 sur le site d’Aluminium Dunkerque, les quatre partenaires, acteurs mondiaux du secteur, ont officialisé le lancement des essais pilotes en conditions réelles, marquant un tournant pour la décarbonation de leur activité.
Ces tests, menés tout au long de l’année 2026 à Dunkerque et à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), doivent confirmer la faisabilité technique et économique d’une technologie encore inédite à cette échelle. L’objectif est ambitieux : réduire de 50 % les émissions directes de CO₂ (hors énergie) issues de la production d’aluminium primaire d’ici 2030.
Deux innovations majeures
Lauréat de l’appel à projets Demibac, soutenu par l’État dans le cadre du plan France 2030, le programme C4Capture mise sur deux innovations majeures : un système de préconcentration du CO₂ par "mini-hottes", destiné à atteindre des teneurs comparables aux standards de l’industrie gazière, et un procédé d’absorption aux amines adapté aux gaz issus des cuves d’électrolyse. Ces avancées technologiques visent à lever des verrous longtemps considérés comme limitants pour la capture du carbone dans la métallurgie lourde.
Pour Guillaume de Goÿs, PDG d’Aluminium Dunkerque, cette collaboration illustre "la responsabilité collective des acteurs industriels face à l’urgence climatique". Avec 300 000 tonnes d’aluminium produites par an, le site dunkerquois a déjà réduit ses émissions de 17 % depuis 2013 et affiche un bilan quatre fois inférieur à la moyenne mondiale. L’initiative C4Capture s’inscrit dans le cadre plus global de son projet LowCAl (Low Carbon Aluminium), qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Au-delà de l’aspect environnemental, l’enjeu est aussi industriel et stratégique. L’aluminium est un matériau incontournable pour la transition bas carbone, notamment dans les transports et l’électrification. En développant des procédés de production plus propres, la filière française espère consolider sa compétitivité tout en s’imposant comme un modèle de décarbonation à l’échelle mondiale.