NaTran identifie un volume de 16,7 millions de tonnes de CO2 à capter dans son futur réseau de transport
# Production et distribution d'énergie # Transition écologique

NaTran identifie un volume de 16,7 millions de tonnes de CO2 à capter dans son futur réseau de transport

S'abonner

Le futur réseau de transport de CO2 de NaTran confirme son utilité. Les résultats de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le transporteur de gaz confirment une demande massive des industriels des Hauts-de-France, du Grand Est et de Normandie. Au total, 16,7 millions de tonnes de CO2, pourraient être captées dans les usines pour être séquestrées ou valorisées.

NaTran a recensé, au sein des régions Hauts-de-France, Grand Est, Normandie et Île-de-France, plus de 200 réponses d’acteurs couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du CO2 — Photo : Luc Marechaux

C’est une étape décisive pour la décarbonation de l’industrie française. Le transporteur de gaz NaTran (3 330 salariés, 2,1 Md€ de CA) vient de confirmer le "succès" de son appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé pour un projet de transport de CO2 couvrant les Hauts-de-France, le Grand Est, la Normandie et l’Île-de-France.

27 % des émissions de l’industrie manufacturière française

L’ampleur de la demande a surpris par son importance. Au total, le besoin de transport identifié atteint 16,7 millions de tonnes de CO2 par an, CO2 qui doit être soit séquestré, soit valorisé. Pour Anthony Mazzenga, le directeur du développement de NaTran, ce projet "porté par NaTran répond à un vrai besoin des acteurs économiques et des territoires engagés dans des démarches de décarbonation". Concrètement, ces 16,7 millions de tonnes correspondent à 27 % des émissions de l’industrie manufacturière française et 4,5 % des émissions nationales totales.

200 acteurs ont répondu

Les chiffres sont sans appel : plus de 200 acteurs ont répondu présent. Le panel des répondants témoigne de l’engouement : 90 industriels y figurent, incluant des sites manufacturiers, des gestionnaires de déchets ou encore des exploitants de chaufferies biomasse, mais aussi plus de 100 sites de méthanisation désireux de valoriser leur CO2 biogénique, soit le carbone issu de la biomasse. Enfin, cinq projets visant à intégrer des émetteurs plus modestes pour "optimiser le transport de CO2 à l’échelle territoriale" figurent parmi les répondants.

La future artère imaginée par NaTran ne se limite pas aux frontières nationales, puisque des émetteurs luxembourgeois, allemands et suisses ont également manifesté leur intérêt — Photo : Natran

Un axe stratégique couvrant trois régions industrielles et l’Île-de-France

Le projet dessine désormais les contours d’un réseau de transport d’envergure : une dorsale de plusieurs centaines de kilomètres. L’objectif est de connecter les bassins industriels majeurs, de la vallée de la Seine au port de Dunkerque, en passant par les sites du Grand Est. Dans le détail, les émetteurs de CO2 basés dans le Grand Est seraient en capacité d’injecter 7,4 millions de tonnes dans le réseau de transport, quand ceux installés en Normandie en seraient pour 4,3 millions de tonnes. Dans les Hauts-de-France, 2,7 millions de tonnes de CO2 ont été identifiées dans le cadre de l’AMI. Cette future artère ne se limite pas aux frontières nationales, puisque des émetteurs luxembourgeois, allemands et suisses ont également manifesté leur intérêt.

Les espoirs fondés sur la capture du CO2

Pour Anthony Mazzenga, les résultats de cet AMI viennent renforcer l’engagement de NaTran auprès de la filière des e-carburants, ces carburants de synthèse fabriqués en utilisant de l’électricité pour modifier les liaisons chimiques des molécules de CO2 et d'hydrogène. Les équipes de NaTran fondent de nombreux espoirs sur la technologie dite CCUS, pour capture, utilisation et stockage de carbone. Concrètement, cette technologie vise à capturer le CO2 à la sortie des procédés industriels, afin d’éviter son émission dans l’atmosphère. Le réseau de transport imaginé par NaTran prévoit notamment une connexion avec le projet Dkharbo : développé avec le norvégien Equinor, ce réseau de canalisation d’environ 30 kilomètres doit permettre d’exporter du CO2 depuis Dunkerque vers des sites de stockage permanent en mer du Nord.

Grand Est Hauts-de-France Normandie # Production et distribution d'énergie # Transport-logistique # Transition écologique # Transition énergétique # Grandes Entreprises # PME # ETI # Infrastructures