Normandie
NaTran investit 30 millions d’euros en 2026 Normandie pour la transition énergétique, dont la filière biométhane
Normandie # Production et distribution d'énergie # Infrastructures

NaTran investit 30 millions d’euros en 2026 Normandie pour la transition énergétique, dont la filière biométhane

S'abonner

Le groupe francilien gestionnaire des réseaux de transport de gaz NaTran (ex-GRT gaz) intensifie ses investissements en Normandie en faveur de la transition énergétique, avec 30 millions d’euros fléchés en partie vers la filière biométhane. NaTran a également lancé un appel à manifestation pour un projet de réseau de transport interrégional de CO2.

Une installation de rebours de NaTran qui permet à la production locale de biométhane de repartir depuis le réseau de distribution vers le réseau de transport pour être acheminée vers d’autres zones de consommation — Photo : Luc Marechaux

Afin de s’affranchir des ruptures d’approvisionnements en gaz dans un contexte mondial très instable et garantir la sécurité des approvisionnements industriels, le groupe NaTran (près de 3 700 salariés pour 2,5 Md€ de CA 2025), gestionnaire et propriétaire des réseaux de transport de gaz basé à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), va consacrer, à l’échelle nationale, plus de 50 % de ses investissements annuels à la transition énergétique à l’horizon 2030.

La Normandie, qui représente 10 % de la consommation nationale de gaz (environ 36 TWh en 2025), a une industrie qui demeure très dépendante de cette énergie, puisque ce secteur absorbe, à lui seul, 60 % de la consommation normande de gaz. Au sein duquel, le raffinage et la pétrochimie sont les clients les plus importants (54 % de la consommation industrielle normande) suivis par la chimie (36 %). Ce qui justifie l’intensification des investissements de NaTran en Normandie : le groupe francilien, ayant déboursé 20 millions d’euros en 2025 — dont 40 % fléchés à la transition énergétique à travers, entre autres, l’aide à la production de biométhane — monte le curseur avec 30 millions d’euros budgétés en 2026.

La méthanisation normande a progressé de 16 % en 2025

S’inscrivant dans les préconisations de la 3e Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) publiée en février 2026 qui vise notamment à réduire la part des énergies fossiles importées, NaTran veut accélérer le développement de sa filière biométhane. Ce gaz d’origine renouvelable, issu de déchets industriels et agricoles a l’avantage d’être près de 5 fois moins émetteur de CO2 que le gaz naturel. La Normandie est, de ce point de vue, une région particulièrement bien dotée, avec 70 unités de méthanisation en service (+ 18 % par rapport à 2024) avec une capacité de production de l’ordre de 1,4 TWh, soit l’équivalent de l’alimentation de 363 000 logements (+ 16 % par rapport à fin 2024). Par ailleurs, 181 projets sont à l’étude (+ 33 % par rapport à 2024), représentant une réserve de production de 3,8 TWh, soit l’équivalent de l’alimentation de 950 000 logements.

Un déploiement qui, selon NaTran, constitue également un levier pour le secteur agricole qui peut y trouver "à la fois un moyen de stabiliser ses revenus, consolidant ainsi leur modèle agricole, tout en produisant des effluents qui serviront d’engrais, évitant d’être dépendant du cours des engrais importés", souligne Pierre Monin, délégué territorial NaTran Val de Seine.

Les surplus de gaz basculés vers d’autres zones de consommation

Pour soutenir cette ambition de développement de la filière biométhane, NaTran accélère également le nombre d’installations de rebours : ces équipements (d’un montant de 3 millions d’euros l’unité) reconduisent les surplus de production de biométhane depuis le réseau de distribution vers le réseau de transport national, permettant à la production locale de biométhane de desservir d’autres zones de consommation.

Actuellement, six rebours sont déjà en service en Normandie (Argentan, la Ferté-Macé, Arçonnay, Ceton dans l’Orne, Mandres dans l’Eure et Saint-James dans la Manche) et six autres sont en réalisation en 2026 (Coutances, Sainte-Cécile, Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche, Le-Pin-la-Garenne dans l’Orne, Nassandre-sur-Risle dans l’Eure et Maniquerville en Seine-Maritime). L’ensemble permettra d’injecter aux alentours de 1,3 TWh de biométhane supplémentaire à l’horizon 2028, soit l’équivalent de la consommation de plus de 320 000 logements. Neuf autres rebours sont par ailleurs en projet. À terme, l’ensemble de ces 21 installations représentent un investissement de près de 60 millions d’euros

Un projet de réseau de CO2 de 1 000 km

NaTran poursuit également la piste du CO2 pour les émissions incompressibles des industriels, avec un appel à manifestation d’intérêt lancé fin 2025, afin d’évaluer les besoins du marché quant à la création d’une infrastructure de transport inter-régional entre la Normandie et l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et le Grand- Est. Il s’agirait d’un réseau de 1 000 km qui pourrait transporter jusqu’à 10 millions de tonnes de CO2 par an, soit 13 % des émissions de l’industrie manufacturière française. "Le CO2 capté par les industriels sera transporté vers des sites de valorisation ou vers le grand port maritime de Dunkerque, où il sera acheminé vers des sites de stockage géologiques permanent en Mer du Nord", ajoute Pierre Monin.

Normandie # Production et distribution d'énergie # Infrastructures # Grandes Entreprises # Investissement industriel